La député LFI Danièle Obono se dit en « profond désaccord avec les thèses » du Parti des indigènes de la République, dans une « mise au point » publiée lundi après ses propos controversés sur une des porte-parole du mouvement, Houria Bouteldja.

« Je ne suis pas et n’ai jamais été membre du PIR. Je suis en profond désaccord avec leurs thèses », assure Mme Obono dans un texte publié sur sa page Facebook.

« Mon seul programme est celui de La France Insoumise, l’Avenir en commun. J’en ai coordonné les livrets thématiques. Je souscris à l’ensemble du programme sans exclusive. C’est celui sur lequel j’ai été élue députée de la 17e circonscription de Paris », écrit-elle.

Interviewée dimanche sur Radio J, la députée de Paris avait dit respecter « la militante anti-raciste » Houria Bouteldja.

Houria Bouteldja, du parti des Indigènes de la République (Crédit: Wikimedia Commons/Claude Truong-Ngoc)

Interrogée sur le fait de savoir si les propos de Mme Bouteldja – qui affirmait en mars 2015 que « les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe » – étaient des propos « racistes » ou « antisémites », la députée de Paris a répondu : « Je ne sais pas ».

Quant à la photo présentant la porte-parole du PIR à côté d’une pancarte « Les sionistes au goulag », Danièle Obono a jugé qu’il s’agissait d’une « photo de très mauvais goût », qui n’était « pas acceptable ».

« Houria Bouteldja, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais c’est une militante anti-raciste (…) Je considère Houria Bouteldja comme une camarade, parce qu’elle fait partie de ce mouvement-là », a-t-elle ajouté.

Ces propos ont fait réagir le nouveau président de la Licra (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme), Mario Stasi, qui a écrit lundi au chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon pour lui demander de « clarifier publiquement sa position et celle de son parti » à l’égard du Parti des indigènes de la République (PIR).

Le député LREM Gabriel Attal a aussi demandé à M. Mélenchon de « clarifier » sa position, tandis que le premier vice-président du PRG (radicaux de gauche), Guillaume Lacroix, a jugé la position de Mme Obono « inacceptable et dangereuse ».

« Pas de ‘camaraderie’ possible avec racialiste et antisémite », a tweeté le sénateur PS David Assouline.