La presse israélienne est « libre », mais pas totalement, selon le rapport annuel délivré jeudi par un think tank basé à Washington.

Un bon signe pour la démocratie israélienne après la révision à la baisse qui avait embarrassé l’Etat hébreu l’année dernière.

Selon le rapport annuel sur la liberté de la presse publié par Freedom House, la seule presse qui jouisse de liberté au Moyen Orient reste les médias israéliens, bien que des problèmes subsistent.

Israël a obtenu la note de 30 sur 100. Plus ce chiffre est élevé, plus les restrictions sur la liberté de la presse sont importantes. La Papouasie- Nouvelle-Guinée obtient 29 points, l’Espagne et le Suriname 28.

La note de 30 est le maximum qu’un pays puisse obtenir pour conserver le statut de presse « libre ».

Pourtant, signale l’observatoire des médias, « plusieurs défis posés à la liberté des médias demeurent, notamment la censure militaire, les interdictions de publication imposées, les restrictions à la liberté de mouvement des journalistes et l’ingérence politique sur les radios publiques ».

En outre, le rapport formule des critiques à l’égard du quotidien Israël Hayom « ouvertement aligné sur les positions du Premier ministre Benjamin Netanyahu ».

A contrario, les médias de Cisjordanie et de Gaza ne sont « pas libres » et obtiennent la note de 82.

L’année dernière, l’Etat hébreu avait difficilement arraché la note de 31, passant ainsi du statut de « libre » à « partiellement libre ».

Un coup dur pour un pays qui se targue d’être l’un des rares Etats du Moyen Orient à n’entraver aucune liberté.

Dans le même temps, la Turquie, qui jouissait jusqu’à l’année dernière du statut de « partiellement libre », a été rétrogradée au statut de « non libre ». Une conséquence directe des tentatives menées par Erdogan pour restreindre l’accès à Internet.

La revalorisation du classement d’Israël contraste avec la tendance générale observée cette année à un recul prononcé de la liberté de la presse dans de nombreux pays, notamment en Egypte, en Libye, en Jordanie et en Turquie.

Seuls 14 % des pays sont considérés comme « libres » en 2013. Pire : une personne sur sept seulement à travers le monde réside dans un Etat qui maintient la liberté de la presse, explique le rapport.

« Nous constatons un recul de la liberté des médias à l’échelle mondiale, résultat des efforts des gouvernements de contrôler le message et de punir le messager », a déclaré Karin Karlekar, directrice du projet, dans un communiqué.

« Partout dans le monde l’an dernier, nous avons noté que les gouvernements et les acteurs de la société civile attaquaient les journalistes, bloquaient leur accès physique aux événements dignes d’intérêt, censuraient le contenu, et ordonnaient des licenciements de journalistes pour des motifs politiques ».

Par ailleurs, l’Iran a été classé dans les huit derniers pays, eu égard aux considérables restrictions imposées à ses médias, aux côtés de la Corée du Nord, du Bélarus, de Cuba, de la Guinée équatoriale, de l’Erythrée, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.

« Dans ces pays, les médias indépendants sont soit inexistants, soit à peine en état de fonctionner. La presse fait office de porte-parole du régime, l’accès des citoyens à une information impartiale est sévèrement limitée, et la dissidence est écrasée par l’emprisonnement, la torture et d’autres formes de répression », a indiqué le rapport.