L’ancien Premier ministre Ehud Olmert aurait déclaré à son assistante Shula Zaken qu’elle ne devait pas témoigner contre lui dans une affaire car elle ne pourrait pas supporter la pression de l’accusation.

Zaken, qui était entendue lundi dans un tribunal de Jérusalem et qui a pris position contre son ancien patron, a fait savoir qu’il lui avait offert de grosses sommes d’argent.

La Cour de district de Jérusalem a entendu le témoignage de Zaken, y compris les enregistrements de conversations entre elle et Olmert, dans ce qui est désormais appelé l’affaire Talansky, du nom de Morris Talansky, un ancien proche collaborateur d’Olmert, homme d’affaires et collecteur de fonds américain.

Les procureurs tentent d’utiliser les enregistrements, fournis par Zaken afin de prouver qu’Olmert a été coupable de subornation de témoin.

Olmert a été acquitté pour cette affaire en 2012, mais a été reconnu coupable plus tard d’autres charges apparentées pour lesquelles il a été condamné à une peine de prison.

Au cœur de l’affaire, il y a d’importantes sommes d’argent qu’Olmert aurait données à Zaken pour payer ses services en tant qu’assistante et couvrir d’éventuels frais de justice, ou bien comme un pot de vin.

Dans un enregistrement effectué alors qu’Olmert donnait de l’argent à Zaken, Olmert aurait dit qu’il y avait 45 000 dollars dans les enveloppes et que « cette semaine, si Dieu le veut, je vais en obtenir 125 000 de plus. Je vais transférer une partie de celui-ci en espèces, je l’espère, pas cette semaine, mais la semaine prochaine, et vous pouvez décider ce que vous voulez lui donner.  »

Olmert soutient que les fonds en question ne visaient pas à soudoyer Zaken pour ne pas témoigner, mais pour l’aider à payer ses frais juridiques, ce qui n’est pas contraire à la loi.

Olmert affirme que Zaken lui a demandé de l’aider à payer ses avocats et qu’il avait déjà donné les 45 000 dollars, mais l’enregistrement est incriminant.

Dans un autre enregistrement potentiellement accablant, on peut clairement entendre Olmert conseiller Zaken à propos de ces transferts d’argent.

Olmert a en outre expliqué à Zaken que sans les livres comptables où tout est enregistré, elle ne pouvait être condamnée.

« Quel est le problème ? Il n’y a pas d’écriture de ces transferts, le procureur peut sauter en l’air et danser, il ne peut pas présenter ces preuves, » avait-il dit. « C’est tout, ce papier, si vous ne le révélez pas, ils ne peuvent pas le soumettre [comme preuve]. »

Alors que l’accusation soutient qu’en conseillant Zaken de ne pas témoigner, Olmert s’est rendu coupable d’entrave à la justice, le fait est qu’il lui a parlé comme un ami en lui disant que la réalité juridique pouvait aller à l’encontre de ses propres intérêts.

L’accusation soutient aussi que les nouvelles preuves décrivent le système par lequel l’argent des donateurs a été transféré à Olmert, et souvent utilisé pour un usage personnel.

Jeudi, Zaken devra faire face aux avocats de la défense pour un contre-interrogatoire.

Les avocats d’Olmert ont affirmé vendredi dernier qu’il n’y avait pas de base à ce que l’accusation obtienne un CD contenant environ 3 000
e-mails.

La Cour suprême a ordonné un nouveau procès sur les affaires Talansky et Rishon Tours en août, en disant que cela permettrait un nouveau témoignage de Zaken qui a fourni l’information au printemps dernier dans le cadre d’une négociation de plaidoyer. Zaken purge une peine de 11 mois qui lui a été infligée au mois de mai.

Olmert a été accusé de payer pour des vacances familiales, en double facturation, des organisations juives à travers le tour operator Rishon Tours, en acceptant des enveloppes pleines d’argent de Talansky, et l’octroi de faveurs personnelles de l’avocat Uri Messer alors qu’il était ministre du Commerce dans l’affaire du Centre d’investissement.

Les accusations ont été lancées après qu’il est devenu Premier ministre en 2006, mais les faits se sont déroulés pendant son mandat à la mairie de Jérusalem et plus tard en tant que ministre du gouvernement.

Il a démissionné officiellement de son poste de Premier ministre en septembre 2008 après que les enquêteurs de la police ont recommandé qu’il soit mis en examen.