L’ancien Premier ministre Ehud Olmert a demandé à la Cour de district de Jérusalem mardi d’être indulgente dans sa détermination de la peine, expliquant aux juges ce qu’il avait subies au cours de ces sept années de procédures judiciaires.

Olmert a été accusé d’avoir accepté des enveloppes de l’homme d’affaires américain Morris Talansky en échange de faveurs. Il a été reconnu coupable de fraude et abus de confiance plus tôt cette année et la peine maximale pour ces délits est de cinq ans d’emprisonnement.

Mardi, le procureur Uri Korb a demandé au tribunal d’envoyer Olmert en prison pour huit à 18 mois, et a demandé que cette peine ne soit pas servi en même temps que la peine de six ans à laquelle Olmert a été condamné l’année dernière pour une autre affaire pour corruption immobilière connu sous le nom de l’affaire Holyland. Korb a également demandé au tribunal d’infliger une amende qui s’élèverait à un montant supérieur aux pots de vin qu’Olmert est soupçonné d’avoir reçu de Talansky.

Olmert a affirmé à la cour mardi qu’il était espérait que la condamnation refléterait « le tableau d’ensemble ». Il a expliqué à la Cour qu’il accepté le verdict de culpabilité et qu’il espère « de tout mon cœur que le poids de mes erreurs sera pesé contre ma contribution au pays », a-t-il conclu.

Olmert a également expliqué que les années où l’affaire est passée par les différents niveaux du système judiciaire étaient une punition en soi.

« J’ai le sentiment qu’il n’y a pas de peine plus lourde que celle que j’ai vécu pendant sept longues années », a-t-il révélé, incluant apparemment les autres enquêtes pour corruption. « Près d’un septième de ma vie [Olmert a 69 ans], je l’ai passé comme un punching-ball… J’ai dû trouver la volonté de survivre et de défendre ma femme, mes enfants et mes petits-enfants. Que dites-vous à un petit-enfant qui vous dit qu’à la maternelle ils disent de mauvaises choses sur grand-papa ? »

« Toute peine que vous choisirez d’imposer ne fera que s’ajouter à la chaîne sans fin de [douloureux] moments avec lesquels je suis aux prises ces dernières années. Qui remarque l’ampleur de cette peine, de cette souffrance ? ».

Le procureur Korb a reconnu devant le tribunal mardi que « les gens ont beaucoup de facettes », et que le défendeur avait « beaucoup contribué à la société au fil des ans », mais il a aussi insisté sur le fait que cela était souvent le cas dans les affaires de criminalité impliquant des cols blancs.

La sentence devrait être rendue le 25 mai.