La direction palestinienne a condamné mardi l’approbation de la construction de 2 500 logements en Cisjordanie et à Jérusalem Est, un « vol de terre et du colonialisme », et a déclaré que l’extension des implantations annoncée par Israël avait été encouragée par l’administration du président américain Donald Trump.

« Une fois encore, le gouvernement israélien a prouvé qu’il était plus engagé au vol de terre et au colonialisme qu’à la solution à deux états et aux exigences de la paix et de la stabilité », a déclaré dans un communiqué Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Une telle intensification délibérée de l’entreprise de colonisation illégale d’Israël constitue un crime de guerre et une violation flagrante du droit et des conventions internationales, en particulier de la résolution 2334 du Conseil de sécurité », a-t-elle déclaré.

« Il est évident qu’Israël exploite l’arrivée d’une nouvelle administration américaine pour intensifier ses violations et empêcher toute existence d’un état palestinien », a-t-elle ajouté.

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef, a appelé la communauté internationale à « demander immédiatement des comptes à Israël » et a lui aussi affirmé que le gouvernement israélien était encouragé par l’administration Trump.

L’Union européenne a également critiquée l’annonce de mardi, affirmant que cette décision « regrettable » minait encore les perspectives d’un accord négocié de paix régional.

« Il est regrettable qu’Israël poursuive cette politique, malgré les préoccupations et les objections internationales graves et constantes, qui ont sans cesse été soulevées, à tous les niveaux », a déclaré l’UE dans un communiqué.

« Une solution à deux états négociée est le seul moyen de répondre aux aspirations légitimes des deux parties et de conclure une paix durable », selon le communiqué, qui citait la récente résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le sujet.

Les Nations unies ont dénoncé l’initiative israélienne pour accélérer la construction dans les implantations mardi, soulignant que des « actions unilatérales » sont un obstacle à la paix fondée sur une solution à deux états.

« Pour le secrétaire général, il n’y a pas de ‘plan B’ à la solution à deux états », a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. « A cet égard, toute décision unilatérale qui peut être un obstacle à l’objectif de deux états préoccupe sérieusement le secrétaire général. »

Il a ajouté que la position des Nations unies sur la construction en Cisjordanie et à Jérusalem Est « n’a pas changé. »

Deux immeubles de 24 logements en construction dans l'implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

Deux immeubles de 24 logements en construction dans l’implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

L’association juive libérale américaine JStreet a également condamné cette annonce, affirmant qu’Israël semblait avoir carte blanche du nouveau gouvernement américain.

« L’approbation aujourd’hui [mardi] de la construction de 2 500 nouveaux logements en Cisjordanie par le gouvernement israélien est extrêmement dangereuse, et donne l’impression qu’il a à présent carte blanche du nouveau président américain pour une extension illimitée des colonies », a déclaré JStreet dans un communiqué.

Isaac Herzog, le chef de l’opposition israélienne, a rejoint le chœur des critiques internationales, prévenant que la construction continue dans les implantations posait une menace existentielle à Israël en tant qu’Etat juif.

« La poursuite de cette construction endémique dans les implantations dans tout le pays entraînera le remplacement de la majorité juive par une majorité arabe », a-t-il déclaré mardi pendant la conférence annuelle de l’Institut israélien pour la recherche en sécurité nationale (INSS, Institute for National Security Studies).

L’AFP et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.