Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devait rencontrer mardi les diplomates arabes à New York à la veille de l’Assemblée générale de l’ONU où il entend réclamer un plan pour « mettre fin à l’occupation israélienne » sous trois ans, a indiqué son porte-parole.

Nabil Abou Roudeina a assuré à la radio officielle palestinienne que la visite de M. Abbas à New York était « un tournant ».

« La colonisation doit s’arrêter, Israël doit être forcé à accepter la légitimité et le droit international. S’il ne le fait pas, il faudra faire avec une nouvelle réalité politique », a-t-il menacé. « Des développements vont intervenir dans les prochaines semaines et ils auront un impact sur l’avenir du processus de paix ».

En avril, les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens ont une nouvelle fois échoué en dépit l’investissement du secrétaire d’Etat américain John Kerry et sont depuis gelées.

Les Palestiniens affirment « qu’ils ne reviendront pas à la table des négociations sans un gel de la colonisation ».

La direction palestinienne, qui a obtenu en 2012 le statut d’Etat observateur à l’ONU, entend désormais réclamer à la communauté internationale de fixer une date butoir pour fonder un Etat palestinien dans les frontières héritées du conflit de 1967.

M. Abbas doit exposer son plan lors d’un discours vendredi à New York.

Mardi, il entend « s’accorder sur une position unique » avec le groupe arabe à l’ONU afin de réclamer ensemble « une protection internationale au Conseil de sécurité », selon M. Abou Roudeina.

Devant un parterre d’étudiants lundi à New York, M. Abbas a ajouté qu’il proposerait à l’ONU « un nouveau calendrier pour les négociations de paix ».

Mercredi soir, il doit rencontrer M. Kerry pour lui exposer les détails de son initiative diplomatique, selon M. Abou Roudeina. « S’il la rejette, la direction palestinienne a d’autres options: nous irons devant les agences internationales et le Conseil de sécurité », a-t-il affirmé.

Si un veto américain risque de tuer dans l’oeuf la date butoir de trois ans, les Palestiniens espèrent obtenir une résolution sur le conflit. Le président français François Hollande a ainsi déjà indiqué qu’une résolution sur « la solution du conflit » serait présentée au Conseil de sécurité.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit, lui, s’adresser à l’Assemblée générale lundi, deux jours avant de rencontrer le président américain Barack Obama.