La Nouvelle-Zélande veut mettre à profit son leadership au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour faire pression pour aboutir à des négociations directes entre Israël et les Palestiniens dans les prochains mois. C’est ce qu’affirme le plus haut diplomate néo-zélandais dans une interview publiée ce dimanche.

Le ministre des Affaires étrangères Murray McCully a en effet déclaré que la Nouvelle-Zélande avait conscience des appréhensions de Jérusalem concernant les efforts déployés par le Conseil de sécurité pour imposer des conditions à Israël.

Selon lui, son pays ne poussera pas dans cette direction quand il prendra la présidence du Conseil de sécurité à partir de cette semaine.

« Je pense que les Israéliens sont vraiment allergiques à l’idée que le Conseil de sécurité pourrait entamer le processus en imposant un tas de conditions. Des conditions qui, de leur point de vue, favoriseraient l’autre partie », a déclaré McCully à la chaîne néo-zélandaise TV3.

« Je pense qu’ils sont moins hostiles à l’idée que le Conseil de sécurité puisse essayer de concilier les deux parties en présence, et c’est le genre d’idées auxquelles nous pensons ».

McCully faisait probablement allusion à la proposition française faite au Conseil de sécurité, qui appellerait à des pourparlers de paix dans un délai de 18 mois, après lequel aurait lieu une reconnaissance française unilatérale de l’Etat palestinien.

La question devrait être une priorité de l’ordre du jour en juillet, une fois que les négociations sur le programme nucléaire iranien s’achèveront.

McCully a laissé entendre que la Nouvelle-Zélande n’attendrait pas la fin des négociations, qui devraient aller au-delà du délai du 30 juin, pour s’emparer de cette question, invoquant la frustration due aux délais constamment repoussés.

« On nous dit que le Conseil ne peut pas traiter ce problème dans l’immédiat, et que nous devons attendre la fin des pourparlers iraniens. Mais nous avons déjà dû attendre les élections israéliennes. Ensuite, nous allons devoir attendre les élections américaines. Et après, qui sait, nous allons devoir laisser passer les élections au Zimbabwe, » s’interroge McCully.

McCully, qui était en visite dans la région début juin, a déclaré qu’il croyait que les Israéliens et les Palestiniens s’étaient rapprochés concernant la plupart des points de conflit, et donc qu’il suffisait de les réunir autour de la même table pour parvenir à un accord.

« Je pense que les deux parties pourraient faire des progrès surprenants, mais que vous devez les réunir dans la même pièce, ce qui a jusqu’à présent été un problème. Ils ne restent pas dans la même pièce. Il n’y a jamais eu de pourparlers directs », poursuit-il.

Il a également qualifié le rôle des États-Unis dans les pourparlers de paix de « non suffisant », jugeant que la communauté internationale devra s’impliquer davantage.

« Nous devons voir le reste de la communauté internationale jouer son rôle, » a appelé McCully.

S’exprimant pour le Times of Israël début juin, un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères déclarait que Wellington pourrait présenter sa propre résolution au Conseil de sécurité pour relancer les efforts de paix.

Wellington est considéré comme un allié proche de Jérusalem, en particulier lorsque le pays était gouverné par le Premier ministre de centre-droit John Key, qui est juif.

Israël rejette avec véhémence l’usage des organes multilatéraux tels que l’ONU pour le contraindre à amorcer des actions vis-à-vis des Palestiniens, faisant valoir que des progrès ne pourront avoir lieu que dans des négociations bilatérales directes.

Les relations entre Wellington et Jérusalem ont connu des hauts et des bas au cours des dernières années, avec un véritable accroc en 2004 après que deux agents du Mossad en Nouvelle-Zélande ont volé des passeports, ce qui a conduit à des sanctions diplomatiques à l’encontre d’Israël.

Des sanctions qui n’ont été levées que des années plus tard, lorsque le vice-Premier ministre Shalom, alors ministre des Affaires étrangères, a présenté ses excuses « pour la participation de citoyens israéliens à de telles activités ».

L’année dernière, Israël avait exprimé sa colère vis-à-vis de Wellington après que ce dernier ait envoyé Jonathan Curr occuper la fonction d’ambassadeur à la fois pour Israël et l’Autorité palestinienne. Israël avait refusé de l’accréditer.

En février, la Nouvelle-Zélande a cédé et nommé un autre diplomate pour l’Autorité palestinienne, permettant à Curr de présenter sa lettre de créances au président Reuven Rivlin fin Avril.

Raphael Ahren a contribué à cet article.