Orban, le Hongrois controversé, arrive mercredi pour deux jours en Israël
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Orban, le Hongrois controversé, arrive mercredi pour deux jours en Israël

Le Premier ministre hongrois se rendra à Yad Vashem, au mur Occidental et il rencontrera aussi Netanyahu - un signal des liens croissants entre les deux leaders

Le Premier ministre de Hongrie Viktor Orban devrait arriver mercredi en Israël pour une visite de quarante-huit heures, sa première au sein de l’Etat juif, après la visite à Budapest, l’année dernière, de son homologue israélien Benjamin Netanyahu.

Ce séjour illustre les liens croissants entre Netanyahu et l’homme d’Etat hongrois controversé qui a été accusé d’utiliser des stéréotypes antisémites.

Le voyage intervient après des informations qui ont fait état de pressions israéliennes sur les Etats-Unis pour faire sortir de l’isolement cet homme considéré comme le symbole du glissement européen vers la droite dure.

Orban, qui se rend en Israël accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, atterrira mercredi soir à l’aéroport Ben Gourion et se dirigera immédiatement vers Jérusalem, où il rencontrera le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi à la Knesset.

Jeudi, Orban s’entretiendra avec le directeur-général du ministère des Affaires étrangères Yuval Rotem avant de commencer l’emploi du temps officiel de son voyage, qui débutera par une rencontre avec Netanyahu au bureau du Premier ministre.

Sous le leadership de Netanyahu, les liens avec Orban sont devenus plus chaleureux, entraînant les critiques de la communauté juive locale suite aux attaques du Premier ministre proférées à l’encontre du milliardaire juif George Soros qui, selon les observateurs, ont utilisé des stéréotypes antisémites.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son homologue hongrois Viktor Orban, devant le Parlement, à Budapest, le 18 juillet 2017. (Crédit : Haim Tzach/GPO)

Après la rencontre avec Netanyahu – qui comprendra des déclarations à la presse – Orban s’entretiendra avec le président Reuven Rivlin et, dans l’après-midi, il ira au centre du mémorial de la Shoah de Yad Vashem.

Il y a un an, Orban avait déclaré que Miklos Horthy, leader du pays pendant la guerre et allié des nazis qui avait adopté des lois anti-juives et qui avait autorisé la déportation à Auschwitz d’un demi-million de Juifs du pays, était « un homme d’Etat exceptionnel ». Il avait ensuite lancé et défendu une campagne d’affichage qui prenait pour cible Soros, né en Hongrie, dans laquelle il accusait le philanthrope milliardaire d’inonder le pays de réfugiés.

Jeudi soir, Orban sera accueilli pour le dîner par le Premier ministre et son épouse Sara Netanyahu dans leur résidence officielle de Jérusalem.

Vendredi, avant son retour en Hongrie, il se rendra au mur Occidental, dans la Vieille Ville.

Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et ancien conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Selon la Dixième chaîne, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer et d’autres responsables de l’Etat juif ont rencontré des membres de l’administration Trump « à un certain nombre d’occasions » pour encourager l’établissement de liens plus forts avec la Hongrie sous Orban.

« Le message que nous avons transmis à tous ceux qui voulaient l’entendre a été que les relations avec la Hongrie sont très importantes et qu’Israël aimerait voir un réchauffement des liens américano-hongrois », aurait dit un responsable israélien.

Le responsable aurait cité la campagne menée par Orban contre Soros pour justifier l’intérêt que devraient porter les Etats-Unis à des relations plus étroites.

Orban a fait de l’opposition stridente à l’immigration une part centrale du message de son gouvernement, avec notamment les attaques contre Soros, allant jusqu’à faire avancer une législation visant à entraver les opérations mises en place par les organisations financées par le milliardaire.

Les opposants d’Orban ont estimé que cette initiative contre les ONG avaient pour objectif de réduire la place offerte à la société civile en Hongrie, pays membre de l’Union européenne.

Panneau publicitaire représentant le milliardaire juif George Soros, à Szekesfehervar, en Hongrie, dans le cadre d’une campagne gouernementale, le 6 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/ AFP/Getty Images)

Au vu de la campagne anti-Soros et des éloges de Horthy de la part d’Orban, l’ambassadeur israélien à Budapest, Yossi Amrani, s’était initialement placé aux côtés des Juifs hongrois pour critiquer Orban. Mais à la demande de Netanyahu, l’Etat juif est revenu ultérieurement sur ses critiques et a accepté les clarifications du gouvernement.

Netanyahu aurait été le premier leader étranger à féliciter Orban après sa réélection après une victoire sous forme de raz-de-marée au mois d’avril, lors de laquelle son parti Fidesz a remporté 49,6 % des voix.

Lors de cet entretien téléphonique, Netanyahu avait invité son homologue hongrois à visiter Israël, selon un communiqué du Premier ministre émis à ce moment-là. Le Premier ministre israélien avait également remercié Orban pour le « soutien de la Hongrie [à Israël] dans les forums internationaux », avait dit le communiqué.

Netanyahu avait rencontré Orban au cours d’une visite officielle de quatre jours en Hongrie, au mois de juillet dernier, et il avait fait l’éloge du leader hongrois pour son soutien apporté à Israël.

« Vous l’avez fait à maintes reprises », avait dit Netanyahu. « Nous apprécions ce positionnement, non seulement parce qu’il se place aux côtés d’Israël mais parce qu’il se place également aux côtés de la vérité ».

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