Le législateur du Likud familier des scandales Oren Hazan a une fois encore raillé ses collègues féminines mardi, cette fois-ci lors d’un débat animé dans une commission de la Knesset. Ses propos ont été taxés de misogynie, entraînant des appels à sa démission.

Après que la législatrice de l’Union sioniste Michal Biran a ouvertement fait part de son désaccord avec Hazan, il lui a suggéré de travailler comme prostituée avant de lui dire rapidement que « personne ne pourrait seulement vous remarquer ».

Hazan, qui est entré à la Knesset au cours des dernières élections, est devenu un personnage très controversé du Parlement israélien.

Peu de temps après son apparition sur la scène politique, la Deuxième chaîne avait fait savoir que Hazan avait loué les services de prostituées pour ses amis et qu’il avait consommé de la méthamphétamine alors qu’il gérait un casino en Bulgarie en 2013. Il avait poursuivi en justice pour diffamation le journaliste Amit Segal mais le tribunal avait rejeté sa plainte, disant que le reportage avait été effectué avec l’esprit d’un « journalisme sérieux et responsable, reflétant la réalité telle qu’elle est ».

Depuis son élection à la Knesset il y a deux ans, Hazan a été accusé d’agression et s’être moqué en public d’un collègue handicapé. Il a été par ailleurs temporairement banni de la Knesset à deux occasions en raison d’actes répréhensibles variés.

La législatrice de la Knesset Michal Biran (Crédit: Elhanan Miller/Times of Israel)

Mardi, Hazan s’est disputé avec deux de ses collègues femmes après un désaccord apparent lors d’une réunion de la commission des Finances.

Durant un débat passionné, Hazan a déclaré à Rachel Azaria, issue de la formation Koulanou, qu’il pourrait « lui apprendre une ou deux choses ».

Michal Biran, de l’Union sioniste, l’a interrompu en lui disant qu’Azaria « saurait se passer de votre expérience dans la gestion d’un casino ».

« Je ne vous laisserais même pas distribuer les cartes », a riposté Hazan, s’adressant aux deux femmes.

« Vous êtes un proxénète et c’est une honte que vous soyez un membre de la Knesset », a répondu Biran.

« Eh bien, laissez-moi examiner votre candidature à l’emploi, même si je ne pense pas que personne puisse vous remarquer », a-t-il dit à Biran.

Azaria a accusé Hazan d’être un « macho grossier » et lui a demandé de se taire.

Après l’incident, Biran a porté plainte contre Hazan devant la commission d’Ethique de la Knesset, disant que le « comportement humiliant et sexiste » de ce dernier « s’apparentait à du harcèlement sexuel ».

Rachel Azaria, membre de la Knesset. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Je m’attends à ce que la commission prenne l’incident au sérieux et à ce qu’il prenne les initiatives nécessaires pour punir ce législateur et le mettre en garde contre une répétition de tels événements », a-t-elle écrit dans sa plainte.

Azaria a également critiqué le comportement de Hazan, disant que le député controversé « endommage systématiquement la confiance mise par l’opinion publique dans les députés », appelant à son renvoi.

Au mois d’août, Hazan a été réprimandé – ce n’était pas la première fois – par la commission d’Ethique de la Knesset pour avoir insulté des législatrices, le groupe avertissant que de telles offenses répétées pourraient entraîner une suspension plus longue.

Au mois de décembre dernier, la commission avait temporairement suspendu la participation à des débats parlementaires de Hazan en raison d’une série de plaintes contre lui. Trois mois plus tard, il avait été une fois encore suspendu des audiences de commission, cette fois-ci par son propre parti du Likud, après qu’il a manqué un vote en séance plénière qui avait résulté en une défaite pour la formation.