Le député du Likud Oren Hazan a déclaré jeudi que certains membres de son parti ont commencé à se préparer pour l’après-Netanyahu si le Premier ministre Benjamin Netanyahu venait à mettre fin à son mandat.

Dans le cadre des enquêtes en cours sur Netanyahu, impliquant des allégations de corruption, Hazan a déclaré à la radio militaire que les députés du Likud envisageaient divers scénarios dans le cas où Netanyahu ne dirigerait plus le parti et le pays.

Le nouveau vice-président de la coalition a expliqué que « plus que quelques personnes forment déjà des factions et se tournent vers les militants sur le terrain en disant : ‘Écoutez, je vais aussi me présenter au poste de chef du parti Likud dans un très proche avenir’ », a-t-il révélé, « et cela me fait mal ».

Il est difficile pour un Premier ministre de diriger le pays lorsque l’on fait l’objet d’une enquête, a-t-il déploré.

« En ce qui concerne l’enquête, je citerai le Premier ministre de 2008 : ‘dans ces conditions, il est très difficile de diriger un Etat’, peut-être même impossible », a ajouté Hazan. La citation de Netanyahu en 2008 concernait alors le Premier ministre Ehud Olmert, qui a ensuite démissionné et qui a été condamné pour faute professionnelle et purge actuellement une peine de prison.

Mais Hazan s’est engagé à soutenir pleinement le Premier ministre et s’est dit convaincu que les enquêtes n’aboutiraient à rien.

« Je crois qu’il n’y aura rien », a-t-il assuré. « Il y a aussi l’aspect moral, socio-politique. En fin de compte, il n’y a qu’une chose qui décide [de qui gouverne le pays] et il s’agit des citoyens d’Israël ».

Une enquête policière porterait sur des cadeaux donnés par le cinéaste israélien Arnon Milchan et d’autres hommes d’affaires, d’un montant estimé à des centaines de milliers de shekels de cigares pour le Premier ministre et des bouteilles de champagne coûteuses pour Sara Netanyahu.

Benjamin Netanyahu a été interrogé par la police deux fois sur cette affaire, ainsi qu’au sujet d’une autre affaire pour un prétendu accord avec le rédacteur en chef du Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes.

Les termes de l’accord stipuleraient que le journal de ce dernier, le Yedioth Ahronoth, devait adopter une position plus favorable envers le Premier ministre en échange de l’avancement d’un projet de loi qui obligerait le quotidien Israël Hayom, considéré comme un rival pro-Netanyahu du Yedioth, à passer un accord ou à se dissoudre.

Le Premier ministre a à plusieurs reprises nié avoir commis tout acte répréhensible, et son avocat a insisté sur le fait que Netanyahu n’a rien fait d’illégal.

Les enquêtes ont entaché le mandat de Netanyahu et certains disent même qu’un acte d’accusation dans l’un ou l’autre des affaires pourrait le forcer à quitter le pouvoir.

Mercredi soir, la Dixième chaîne a cité un ministre du Likud, qui sous couvert d’anonymat, a déclaré que les nouveaux détails dans les deux enquêtes « changeaient la donne ».

« Vous pouvez sentir dans l’air que l’ère de Netanyahu arrive à sa fin. Nous devons nous préparer pour le lendemain », a déclaré le ministre anonyme.