Au lendemain de sa nomination comme vice-ministre chargé de la diplomatie publique, l’ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Michael Oren, a recommandé une enquête sur l’industrie des options binaires d’Israël, caractérisant les révélations sur une arnaque mondiale massive ayant escroqué des centaines de milliers de clients internationaux de « très, très perturbante ».

Suite à une réunion de la Knesset mardi sur le sujet des défis rencontrés par les nouveaux immigrants, Oren a déclaré au Times of Israël que l’industrie frauduleuse, qui recrute ouvertement des multilingues pour ses centres d’appels israéliens, a le potentiel de nuire à l’image internationale d’Israël dans le monde et participe aux efforts visant à délégitimer l’Etat juif.

« En laissant de côté les questions profondément morales que cela soulève », a-t-il déclaré, faisant référence aux estimations de milliards de dollars volés à des clients naïfs par des entreprises d’options binaires frauduleuses israéliennes, « je viens du domaine de la politique étrangère, de la protection d’Israël contre la délégitimation et le BDS [mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions]… Ces activités menacent la légitimité d’Israël. »

Le Times of Israël a ces derniers mois détaillé la fraude massive des compagnies d’options binaires israéliennes, en commençant en mars par un article intitulé « Les loups de Tel Aviv ». Les entreprises frauduleuses prétendent guider leurs clients pour des investissements lucratifs à court terme, mais utilisent en fait différentes ruses, dont la manipulation de plate-formes de transactions faussées, pour simplement voler l’argent de leurs clients. »

Oren a déclaré que l’industrie « contribue à celle qui veut nous délégitimer si ces accusations se trouvent avérées. C’est très, très perturbant… horrible. »

Une vue du quartier des diamants de Ramat Gan, où se trouvent de nombreuses entreprises d'options binaires, le 3 avril 2016. (Crédit : Simona Weinglass/The Times of Israel)

Une vue du quartier des diamants de Ramat Gan, où se trouvent de nombreuses entreprises d’options binaires, le 3 avril 2016. (Crédit : Simona Weinglass/The Times of Israel)

L’Autorité des titres israéliennes a interdit aux entreprises d’options binaires locales de cibler des Israéliens, mais elles sont toujours libres de chercher des clients à l’étranger. Il y a plus de 200 enseignes qui agissent en Israël.

Interrogé pour savoir s’il soutiendrait l’interdiction d’agir en Israël aux entreprises d’options binaires, Oren a déclaré qu’il demanderait d’abord « un effort pour explorer » l’impact total de l’industrie, et recommanderait une enquête de la Knesset sur ce sujet.

« J’ai pensé à organiser une audition, je ne sais si je vais le faire à présent parce que j’ai un nouveau travail [de vice-ministre], donc je dois laisser mon poste de président de la sous commission qui traite de politique étrangère, a déclaré Oren. Mais je pense que la prochaine personne qui occupera ce poste devrait étudier, si quelque chose comme cela est documenté, comment [cette industrie] peut être susceptible de dégrader ou de nuire à nos relations avec d’autres pays. C’est une question très légitime. »

Les responsabilités exactes d’Oren comme vice-ministre n’ont pas été précisées, mais il semble qu’il travaillera aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est aussi ministre des Affaires étrangères. Oren a rejoint les rangs du nouveau parti Koulanou en 2014, après quatre années à l’ambassade de Washington, où il avait été nommé en 2009 par Netanyahu.

Les remarques d’Oren sur le risque que l’industrie des options binaires pose à Israël rejoignent celles des experts de l’industrie qui se sont exprimés contre ces pratiques frauduleuses.

Steven Schoenfeld (Crédit : autorisation)

Steven Schoenfeld (Crédit : autorisation)

En juin, le responsable des investissements de BlueStar Global Investors, Steven Shoenfeld, avait déclaré au Times of Israël que le flot de plaintes d’individus en Europe, en Amérique du Nord et au-delà, qui disaient avoir été dépouillés par ces entreprises, et le fait que les responsables se trouvent en Israël souillaient l’image du pays.

« Le fait qu’une industrie louche et probablement illégale existe en Israël n’est un secret pour personne, et c’est un lourd passif pour la réputation d’Israël », avait-il déclaré.

« Si elle est autorisée à continuer, cela jouera directement en faveur de la large partie de ceux qui n’aiment pas Israël, que ce soit le mouvement BDS, ou les efforts anti-Israël orchestrés par les Palestiniens, ou l’ONU, et fera un mal énorme à tout ce qu’Israël a réussi à accomplir », avait-il ajouté.