Le ministre des Affaires étrangères de Norvège a condamné vendredi l’Autorité palestinienne qui a donné le nom d’une femme terroriste à un centre pour femmes en Cisjordanie, qui avait été en partie financé par le pays scandinave.

« La glorification des attentats terroristes est complètement inacceptable, et je déplore cette décision dans les termes les plus forts possibles. La Norvège ne s’autorisera pas à s’associer à des institutions qui portent le nom de terroristes de cette manière. Nous n’accepterons pas une telle utilisation du financement des aides norvégiennes », a expliqué le ministre des Affaires étrangères Borge Brende dans un communiqué.

Les commentaires de Brende se référaient à un nouveau centre pour les femmes qui a ouvert au début du mois dans la ville de Burqa, en Cisjordanie.

Le centre porte le nom de Dalal Mughrabi, qui avait participé au massacre de la route côtière en 1978. Mughrabi et plusieurs autres terroristes du Fatah avaient atterri sur une plage située à proximité de Tel Aviv et avaient détourné un bus sur la route côtière israélienne, tuant 38 civils, dont 13 enfants, et blessant plus de 70 personnes.

Brende a indiqué que la Norvège n’avait pas eu connaissance de la décision de donner le nom de Mughrabi au centre. Il a demandé que le nom du pays soit supprimé du centre et que les fonds offerts pour sa construction soient restitués.

Børge Brende (Crédit : Eric Miller/CC BY-SA 2.0/Wikimedia commons)

Børge Brende (Crédit : Eric Miller/CC BY-SA 2.0/Wikimedia commons)

« Nous avons demandé que le logo du bureau de représentation norvégien soit immédiatement retiré du bâtiment et que les financements alloués au centre soient remboursés », a-t-il dit.

Il a également expliqué que la Norvège ne participera plus à des projets similaires tant que le pays ne recevra pas l’assurance « que rien de cette nature ne surviendra une nouvelle fois ».

« Nous ne passerons plus aucun accord ni avec la Commission électorale palestinienne, ni avec l’ONU dans les zones palestiniennes jusqu’à ce que des mesures satisfaisantes soient mises en place pour garantir que rien de cette nature ne se renouvellera », a-t-il ajouté.

Israël a salué l’action d’Oslo. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien Emmanuel Nahshon a déclaré que « La Norvège a pris une bonne initiative – une limite ferme dénonçant la commémoration des terroristes fait partie intégrante de l’effort mené à l’international pour éradiquer le terrorisme. Nous conseillons à la communauté internationale d’effectuer des démarches plus minutieuses pour contrôler où va l’argent qu’elle investit dans l’AP ».

La réprimande adressée par la Norvège à l’AP arrive après que la branche norvégienne de l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem (ICEJ) a porté l’affaire vendredi à l’attention du pays, a fait savoir l’organisation dans un communiqué, tout en remerciant Brende pour sa réponse « rapide et claire ».

« L’Autorité Palestinienne sape la quête de la paix dans cette région et viole toutes les normes de la décence humaine lorsqu’elle décide de glorifier et de perpétuer les héritages méprisables de terroristes comme Dalal Mughrabi, » a déclaré le président de l’ICEJ Jürgen Bühler. « Le gouvernement norvégien a agi de manière appropriée lorsqu’il a condamné cette action immorale commise par l’Autorité palestinienne ».

L’observatoire Palestinian Media Watch, qui a été le premier à relever le nom du centre pour les femmes, a cité un chef local du village disant que « le centre se focalisera en particulier sur l’histoire du combat de la martyre Dalal Mughrabi et sur la présentation de cette lutte aux groupes de jeunes et… constitue le début du lancement d’activités d’enrichissement à partir de l’histoire du combat palestinien ».

En plus du centre pour les femmes, l’AP a nommé un certain nombre d’événements et de structures en l’honneur de Mughrabi et des autres terroristes morts pendant le massacre, lors des échanges de tirs qui les avaient opposés aux forces de sécurité israélienne. Le Fatah a depuis salué leur mémoire à de multiples reprises, disant qu’ils étaient des « martyrs ».

Au mois de mars, l’observatoire Palestinian Media Watch avait aussi fait savoir que l’AP avait donné le nom de Mughrabi à un camp de jeunes situé à Jéricho.

L’année dernière, lors de l’anniversaire de l’attaque, l’école Al-Awael pour filles, dans la banlieue de Ramallah, avait organisé la « Coupe Dalal Mughrabi » en l’honneur de la meurtrière. Ce tournoi de basket féminin avait été co-organisé par l’Association culturelle et sociale Al-Razi, une ONG palestinienne qui travaille aux côtés de la Fondation Anna Lindh pour promouvoir le « dialogue interculturel » et « construire la confiance et améliorer la compréhension mutuelle ».

Mughrabi a également été honorée au mois de mars 2015, lorsque le Fatah, s’adressant aux Israéliens sur sa page Facebook, leur avait demandé de collecter les restes des corps des Israéliens assassinés et de quitter Israël.

« En ce jour, le 11 mars, en 1978, Dalal Mughrabi et ses compagnons ont déclaré la naissance de la république palestinienne au coeur des territoires occupés. L’ennemi a admis la mort de 30 Sionistes lors de l’opération, qui pourtant, selon les informations données, a fait plus de 80 victimes… Vengeance après vengeance, le vent de la tempête ne faiblira pas », disait le post Facebook.