Première journée d’audience, hier, à la 17e chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour l’affaire opposant l’historien Georges Bensoussan à plusieurs associations s’étant portées partie civile, dont le très controversé CCIF, à l’initiative de la plainte, suivi par la Licra, la LDH, SOS Racisme, et le MRAP.

Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde, rapporte un drôle d’épisode. Alors qu’elle est censée venir appuyer les arguments des parties civiles arguant que les affirmations de Bensoussan sont « racistes », « Nacira Guénif, sociologue à l’université Paris-VIII, citée (…) assure que l’insulte « espèce de juif, mes excuses » souvent utilisée en arabe « est passée dans le langage courant et ne signifie pas la haine des juifs (…) C’est une expression figée qui fait partie du langage courant. Déshistoriciser des expressions, dit-elle c’est essentialiser ».

Georges Bensoussan n’aurait pu espérer mieux.

Petit rappel. L’historien, auteur des Territoires perdus de la République (2002) et de la France soumise (2017) est poursuivi pour des propos tenus dans Répliques une émission animée par Alain Finkielkraut sur France Culture.

« Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. (…). Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3: « C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère. »

Une remarque qui avait fait bondir Alain Weil, l’autre invité d’Alain Finkielkraut, témoin lors du procès, et qui lui avait fait demander à Georges Bensoussan s’il n’essentialisait pas une population à partir des dérives d’une de ses parties.

Selon certaines sources, la Licra serait très divisée sur le fait de s’être portée partie civile aux côtés du très controversé CCIF.

La procureur a requis une peine et une amende contre Georges Bensoussan pour propos racistes. Jugement à venir.