JTA – Pendant des années, les Israéliens ont eu une certaine idée ce que signifiait être un « sioniste-religieux » : être orthodoxe moderne mais pas haredi ; soutenir les implantations en s’opposant à tout compromis territorial ; soutenir le contrôle du Grand Rabbinat sur le mariage juif et s’opposer aux droits des homosexuels.

Eh bien, quelqu’un a finalement interrogé les sionistes-religieux. Et il s’avère que nous avions tort depuis le début.

La plupart des Israéliens qui s’identifient comme sionistes-religieux ne sont pas des orthodoxes modernes.

La plupart d’entre eux, si on creuse bien, pourraient probablement tolérer un compromis territorial. Et près de la moitié accepterait une certaine forme de mariage civil et pense que les couples homosexuels devraient être accueillis dans les synagogues orthodoxes.

C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé auprès de ceux qui se définissent comme sionistes-religieux – ou ce que les Israéliens appellent « nationaux-religieux » – mené par le groupe de réflexion Israel democracy institute [l’Institut pour la démocratie en Israël] et publié mercredi matin.

En résumé : les sionistes-religieux sont beaucoup plus diversifiés que nous le pensions.

Dans le passé, explique l’auteur de l’enquête, Tamar Hermann, les Israéliens assimilaient la communauté sioniste-religieuse avec les 10 % des Israéliens qui sont orthodoxes modernes – ceux qui portent des Kippot crochetées et des jupes jusqu’aux genoux, qui servent dans l’armée israélienne et qui travaillent. En bref, les personnages de la série à succès « Srugim ».

Mais en réalité, pas moins d’un cinquième des Israéliens se disent sionistes religieux. Et tandis que près de la moitié d’entre eux sont orthodoxes modernes, la majorité ne l’est pas : au contraire, cela va de ceux qui se définissent haredim (17 % des sionistes religieux) aux 3 % des sondés qui se disent laïcs.

Les opinions des sionistes-religieux sont également assez diversifiées. Politiquement, il est souvent admis qu’ils sont d’accord avec le principal parti sioniste religieux – le HaBayit HaYehudi de droite – qui est socialement conservateur et fortement opposé à tout retrait de la Cisjordanie.

Et si Hermann a révélé que 78 % des sionistes religieux disent qu’ils sont de droite, la plupart d’entre eux, si on creuse bien, pourraient probablement accepter un retrait territorial.

62 % des personnes interrogées ont dit qu’un Israël avec une majorité juive est plus important qu’un Israël s’accrochant à tout le pays entre le Jourdain et la mer Méditerranée – ce qu’on appelle le Grand Israël.

Cela signifie que s’ils avaient à choisir entre un Grand Israël avec une majorité palestinienne et un Israël avec une majorité juive mais sans la Cisjordanie, la plupart choisiraient cette dernière option. Que quelqu’un fasse passer le message à Naftali Bennett.

Beaucoup de sionistes religieux veulent aussi voir changer le statu quo religieux du gouvernement israélien. Bien qu’une faible majorité, 52 %, souhaitent conserver le mariage orthodoxe comme la seule option pour les Juifs israéliens, 45 % veulent permettre une certaine forme de mariage civil – pour tout le monde ou au moins pour les couples qui ne peuvent pas se marier de façon orthodoxe.

Les personnes religieuses sont elles anti-gay ? On dirait que ça change aussi – bien que plus lentement. Les opinions sont partagées quant à savoir si les couples de même sexe devraient (45 %) ou non (48 %) être accueillis à la synagogue.

Ce n’est certes pas une approbation enthousiaste des droits des homosexuels (en effet, un défilé de candidats au HaBayit HaYehudi a exprimé son opposition au mariage de même sexe il y a quelques semaines) mais il montre une certaine acceptation accrue pour les couples de même sexe dans la communauté sioniste-religieuse.

Bien sûr, il reste beaucoup de signes de conservatisme social et religieux. La plupart des sionistes-religieux s’opposent à toute forme de transports en commun le Shabbat et pensent que les décisions des députés religieux devraient être soumises à une autorité rabbinique.

Quatre sondés sur cinq pensent que seules les personnes qui sont Juifs selon la loi juive orthodoxe devraient pouvoir bénéficier automatiquement de la citoyenneté israélienne.

La moitié estime que tout compromis territorial devrait être approuvé par un référendum national auprès des Juifs seulement. Et près de la moitié disent que les sionistes-religieux ont de meilleures valeurs que les personnes laïques.

Mais ce n’est pas un choc de constater que de nombreux sionistes-religieux ont des opinions traditionalistes.

La nouveauté ici, est que beaucoup d’entre eux n’en ont pas.