Le premier musée dédié aux Polonais ayant sauvé des juifs pendant la Shoah sera inauguré le 17 mars à Markowa, un village du sud-est du pays, où une famille fut exécutée par les nazis pour avoir caché une famille, ont annoncé mardi ses organisateurs.

Les familles des rescapés venues d’Israël et des Polonais de cette région ayant caché des juifs sont attendus à la cérémonie à laquelle participera également le président polonais Andrzej Duda.

Des prières catholiques et juives seront dites sur les tombes des victimes, et une messe à l’église de Markowa ainsi qu’une cérémonie à la synagogue de la ville de Lancut seront célébrées en hommage aux Justes.

La Pologne occupée par l’Allemagne nazie fut le seul territoire où les Allemands décrétèrent que toute sorte d’aide aux Juifs était passible de la peine de mort.

Le site du mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dédié à la mémoire de la Shoah, recense 6.620 Polonais distingués comme « Justes parmi les Nations ».

L’idée de créer un tel musée en Pologne revient notamment à Dariusz Stola, directeur du Musée Polin d’histoire des juifs polonais à Varsovie, qui l’a voulu comme un contrechamp à la parution en 2000 du livre de l’historien américain Jan Tomasz Gross « Les voisins ».

L’ouvrage révélait qu’à Jedwabne, village du nord-est de la Pologne, des juifs avaient été brûlés vifs dans une grange par leurs voisins polonais en 1941.

M. Stola est également un parent lointain de Jozef et Wiktoria Ulma, qui ont caché pendant plus d’un an la famille de Saul Goldman, à Markowa.

Le couple et leurs six enfants, âgés de un à huit ans, ainsi que les huit membres de la famille Goldman, ont été exécutés le 24 mars 1944, après avoir été dénoncés.

L’histoire de cette famille est devenue le symbole de « nombreux héros qui, sans armes, se sont opposés au régime nazi », souligne M. Stola.

Le couple Ulma a reçu la médaille et le titre de « Juste » attribué par l’Etat d’Israël.