TOULOUSE (AFP) – Un dessinateur ayant fait des Juifs sa principale cible et gravitant dans la sphère de Dieudonné a été mis en examen pour avoir diffusé sur internet la photo d’un individu faisant une « quenelle » devant l’école Ozar Hatorah de Toulouse.

« Joe le Corbeau », de son vrai nom Noël Gérard, présenté au juge le 28 janvier, est mis en cause pour provocation à la haine raciale par écrits et images diffusés par voie électronique. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Il s’agit d’une des premières mises en cause judiciaires touchant à la réalisation d’une « quenelle », le geste popularisé par Dieudonné et décrit par ses partisans comme une expression « anti-système » mais par ses détracteurs comme un salut nazi inversé.

« Joe le Corbeau », 32 ans, avait été interpellé mardi matin chez lui à Belcodène (Bouches-du-Rhône) près de Marseille, puis transféré à Toulouse où il a été présenté au parquet dans la soirée.

Il est mis en cause pour avoir diffusé sur internet une photo montrant un homme réalisant une « quenelle » devant l’école juive Ozar Hatorah (rebaptisée Ohr Torah), le lieu où, en 2012, Mohamed Merah, petit délinquant converti à l’islamisme radical, a assassiné trois enfants juifs de 4, 5 et 8 ans et un enseignant au nom du jihad.

« Joe le Corbeau » est également soupçonné d’avoir diffusé un cliché du même homme dans la même posture, pris devant l’appartement où Merah a été abattu.

« Joe le Corbeau » se présente comme un dessinateur satirique, défendant clairement les positions de l’humoriste controversé Dieudonné et de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral. Sous couvert d' »antisionisme » revendiqué, ses illustrations s’en prennent essentiellement aux Juifs.

La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) considère qu’accomplir une « quenelle » devant « l’école Ozar Hatorah, une synagogue ou un camp de concentration signe un acte clairement antisémite ».

Début janvier, deux lycéens de l’Essonne ont été brièvement placés en garde à vue pour la photographie d’une « quenelle » dans leur établissement scolaire. Ils disaient l’avoir faite « contre la société » et « pour s’amuser ».