Palmyre, dont de nouveaux trésors ont été détruits et saccagés par le groupe Etat islamique (EI), est une cité du centre de la Syrie vieille de plus de 2 000 ans, inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

Vendredi, le chef des Antiquités syriennes a indiqué que les djihadistes avaient détruit le tétrapyle, un monument de 16 colonnes érigé à la fin du 3e siècle, et saccagé le théâtre romain datant du 1er siècle.

Le 11 décembre, les djihadistes qui avaient déjà occupé la ville, de mai 2015 à mars 2016, ont repris la cité à l’armée après une offensive d’envergure.

Avant le début du conflit en 2011, plus de 150 000 touristes visitaient cette oasis du désert située à 210 km au nord-est de Damas.

Cité antique prospère

Mentionnée pour la première fois dans les archives de Mari au IIe millénaire av. J.-C., selon le site de l’Unesco, Palmyre était une oasis caravanière établie lorsqu’elle tomba sous contrôle romain dans la première moitié du Ier siècle et fut rattachée à la province romaine de Syrie.

Palmyre (Cité des palmiers) -dont le nom officiel en Syrie est Tadmor (Cité des dattes)- devint peu à peu une cité prospère sur la route reliant la Perse, l’Inde et la Chine à l’Empire romain, grâce au commerce d’épices et de parfums, de la soie et de l’ivoire de l’est, des statues et du travail du verre de Phénicie.

L’âge d’or

En 129, Palmyre est déclarée ville libre par l’empereur romain Hadrien et connaît son âge d’or au IIe siècle.

La ville était « construite selon une structure occidentale, une agora, de grandes rues, un théâtre, des temples, on pourrait presque la comparer à Rome », expliquait en mai 2015 Marielle Pic, à la tête du département des Antiquités orientales au musée du Louvre.

« L’une des caractéristiques de Palmyre, ce sont de grandes tours funéraires à étages dans lesquelles les sarcophages étaient superposés », soulignait-elle.

Reine Zénobie

La prospérité de la ville culmina au IIIe siècle, à l’époque de la reine Zénobie, qui défia l’empire romain.

En 267 après J-C, le gouverneur arabe de Palmyre Odeinat est mystérieusement assassiné. Son épouse Zénobie prend le pouvoir. Poussée par son désir de liberté et de gloire, elle prend possession de la Syrie en 270, envahit l’Egypte et lance ses troupes jusqu’au Bosphore, avant d’être renversée en 272 par l’empereur Aurélien.

Prison, symbole de répression

Au temps de Hafez al-Assad, père de l’actuel président Bachar al-Assad, la prison de Palmyre est tristement célèbre pour le massacre de centaines de détenus par le régime en 1980.

Des prisonniers politiques y ont croupi et été torturés pendant des années avant que le régime n’y envoie des insoumis et des déserteurs avec le début de la révolte.

Lors de sa première occupation de la ville, l’EI fait exploser la prison de Palmyre. L’opposition, hostile au régime et à l’EI, regrette la destruction de ce « symbole de la terreur des Assad ».

Destructions

De juillet à octobre 2015, l’EI, qui considère les statues humaines ou animales comme de l’idolâtrie, détruit la statue du Lion d’Athéna, pièce unique de plus de trois mètres de haut, et transforme le musée en tribunal et en prison.

Il ampute Palmyre de ses plus beaux temples, ceux de Bêl et Baalshamin, puis détruit plusieurs des célèbres tours funéraires de la cité, uniques au monde, avant de réduire en poussière l’Arc de triomphe.

Les djihadistes mutilent le corps de l’ex-patron des Antiquités de la ville Khaled al-Assaad, 82 ans, après l’avoir exécuté.