Les Kényans ont prié pour l’unité de leur pays meurtri par le massacre de 148 personnes par des islamistes somaliens dans l’université de Garissa, marquant en ce dimanche de Pâques le premier de trois jours d’un deuil national.

« Les terribles événements de Garissa sont encore frais dans nos esprits et nos coeurs mais aujourd’hui est un jour où l’espoir doit renaître », a déclaré l’archevêque anglican Eliud Wabukala dans la cathédrale de Nairobi bondée et protégée à l’extérieur par des membres armés d’une unité paramilitaire de la police.

Les fidèles entrant dans l’église étaient systématiquement fouillés par des membres de la paroisse.

« Ces terroristes veulent provoquer la peur et la division dans notre société mais nous devons leur dire +vous ne serez jamais les plus forts+ », a-t-il ajouté.

Son appel a été rejoint par celui d’un haut dignitaire musulman qui a mis en garde contre les haines entre communautés religieuses dans un pays qui se revendique chrétien à 80 % mais où vit aussi une importante communauté musulmane.

« Le Kenya est en guerre, nous devons tous rester solidaires », a dit Hassan Ole Naado, un dirigeant du Conseil suprême des musulmans du Kenya.

Dans un communiqué de condoléances, il a ajouté que son organisation recueillait des fonds pour les funérailles des victimes de la tuerie de jeudi, des étudiants chrétiens pour la plupart, et pour les soins de la centaine de blessés.

« Nous ressentons profondément la douleur de la perte de ces jeunes vies », a-t-il poursuivi, mettant en garde contre l’objectif des shebab qui est selon lui « de créer un conflit religieux ».

Depuis Rome, dans son message « Urbi et orbi », le pape a demandé dimanche au monde entier de prier pour les victimes des violences sur le continent africain, en particulier pour les étudiants de Garissa.

« Qu’une prière incessante monte de tous les hommes de bonne volonté pour ceux qui ont perdu la vie – je pense en particulier aux jeunes qui ont été tués jeudi à l’Université de Garissa, pour tous ceux qui ont été enlevés », a-t-il déclaré.

Les drapeaux étaient en berne dans le pays après que le président Uhuru Kenyatta eut décrété trois jours de deuil à compter de dimanche et appelé les communautés à rester unies tout en assurant que le Kenya ne céderait pas au « terrorisme ».

Al-Azhar condamne l' »acte terroriste » des shebab à Garissa

Al-Azhar, l’une des plus prestigieuses institutions de l’islam sunnite basée en Egypte, a condamné samedi le massacre dans une université au Kenya de 148 personnes par les islamistes somaliens shebab.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont pris d’assaut jeudi à l’aube le campus de l’université de Garissa (située à environ 150 km de la frontière somalienne), qui hébergeait des centaines d’étudiants originaires de différentes régions.

Le commando est entré dans l’université en ouvrant le feu au hasard, avant de pénétrer dans la résidence universitaire, séparant musulmans et non-musulmans, laissant partir les premiers et gardant les seconds en otage. 148 personnes, en grande majorité des étudiants, ont été tuées.

L’attaque s’est terminée dans la soirée par la mort des assaillants, dans des échanges nourris de tirs et des explosions.

« Al-Azhar condamne l’acte terroriste du groupe terroriste somalien des Shebab à l’université kenyane de Garissa, qui a fait près de 150 victimes et blessé des dizaines d’étudiants innocents », selon un communiqué sur sa page Facebook.

Ce massacre, l’attaque la plus meurtrière sur le sol kenyan depuis l’attentat contre l’ambassade américaine de Nairobi en 1998, a provoqué une vague d’indignation de par le monde, le pape François dénonçant un acte d’une « brutalité insensée ».