Un second Français a été identifié mercredi parmi les bourreaux apparaissant sur la vidéo montrant la décapitation de soldats syriens par le groupe de l’Etat islamique, qui a subi des revers en Irak et dans la ville kurde syrienne de Kobané.

Mickaël Dos Santos, 22 ans, originaire de la banlieue parisienne, s’était converti à l’islam et était parti à l’automne 2013 rejoindre les djihadistes en Syrie, prenant le nom de guerre d’Abou Othman, selon une source proche du dossier.

Hormis les deux Français, les 16 autres combattants apparaissant à visage découvert dans la vidéo n’ont pas encore été identifiés. Certains ont un type occidental ou asiatique.

Un journal belge a fait état de la possible implication d’un Belge parti combattre dans les rangs djihadistes en octobre 2012, mais les autorités n’ont pas confirmé cette information.

La vidéo semble en outre montrer le Britannique surnommé « Jihadi John » par les médias britanniques, qui apparaît masqué avec, à ses pieds, la tête décapitée de Peter Kassig. Cet homme est considéré comme l’assassin présumé de James Foley et Steven Sotloff, les deux journalistes américains décapités depuis la mi-août avec les humanitaires britanniques Alan Henning et David Haines.

Le groupe de l’EI avait diffusé dimanche une vidéo particulièrement violente montrant l’exécution de 18 soldats syriens et la tête tranchée de l’otage américain Peter Kassig, enlevé il y a un an en Syrie.

La France, dont quelque 376 ressortissants ont rejoint les djihadistes en Syrie et en Irak, avait déjà confirmé lundi la présence, parmi les bourreaux, de Maxime Hauchard, 22 ans, un autre converti parti en Syrie en août 2013.

Mickaël Dos Santos « est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux », a déclaré mercredi le Premier ministre Manuel Valls.

Plusieurs membres de l’entourage de Mickaël Dos Santos sont encore dans la région avec lui, selon une source française.

– ‘Effet d’horreur’ –

Pour le président français François Hollande, l’EI cherche à « créer un effet d’horreur » avec ce message: « voyez (…) de quoi vos éventuels ressortissants seraient capables ».

Les services spécialisés sont depuis longtemps convaincus de la participation de Français à des atrocités commises par différents groupes djihadistes, et avaient déjà identifié au moins un cas avant cette dernière vidéo, selon des sources proches du dossier.

D’après les autorités françaises, une quarantaine de djihadistes français ont été tués, principalement en Syrie mais également en Irak.

Les convertis représentent 20 % des djihadistes français qui sont, dans leur écrasante majorité, recrutés sur internet, selon des sources du renseignement français.

L’EI, qui comprend des centaines de combattants étrangers, s’est emparé de larges pans de territoire en Syrie et en Irak, où il sème la terreur.

Mais il commence à connaître des revers, surtout en Irak où le président américain Barack Obama a annoncé une « nouvelle étape » avec l’envoi de 1 500 conseillers supplémentaires qui porteront à 3 100 le contingent américain dans ce pays dont les Etats-Unis s’étaient retirés militairement fin 2011.

Excluant le déploiement de troupes au sol, les Etats-Unis et leurs alliés de la coalition ont récemment augmenté la fréquence de leurs raids aériens contre les djihadistes.

– Avancée kurde à Kobané –

La France, qui participe aux raids en Irak, va renforcer son disposifif, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, sans confirmer le possible déploiement de six bombardiers Mirage en Jordanie.

Jusqu’à présent, Paris participe aux opérations avec neuf avions Rafale basés aux Emirats Arabes Unis.

Fortes du soutien de la coalition et appuyées par des miliciens et membres de tribus, les forces irakiennes ont regagné la semaine dernière du terrain face aux djihadistes, brisant le siège de la plus importante raffinerie du pays après avoir reconquis la ville de Baïji puis un barrage au nord de Bagdad.

Pour l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, la stratégie du nouveau gouvernement de Haïdar al-Abadi d’apaiser les relations avec la région autonome du Kurdistan, dont les forces combattent également l’EI, et de tendre la main aux tribus locales sunnites « porte ses fruits ».

Nikolai Mladenov a appelé mardi tous les groupes qui ne sont pas affiliés à l’EI à discuter avec Bagdad pour résoudre leurs différends et à rejoindre la campagne du gouvernement contre les djihadistes.

De son côté, le président de la région autonome du Kurdistan d’Irak, Massoud Barzani, s’est plaint que le soutien de la coalition n’avait jusqu’à présent « pas été à la hauteur », affirmant ne pas avoir reçu les armes lourdes dont les peshmergas avaient besoin.

En Syrie, les Kurdes, qui combattent également l’EI dans le nord du pays et reçoivent l’appui des avions de la coalition, ont réalisé de nouveaux progrès dans la ville-symbole de Kobané.

Ils ont chassé les djihadistes de plusieurs immeubles du centre-ville et saisi une grande quantité d’armes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).