La France a condamné « avec gravité » jeudi le feu vert d’Israël à la construction de 2 610 nouveaux logements destinés aux populations arabe et juive de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, fustigeant un projet dangereux pour « la solution des deux États » israélien et palestinien côte à côte.

« Si cette décision était maintenue, elle marquerait la création d’une nouvelle colonie, pour la première fois depuis plus de quinze ans, à Jérusalem-Est », a souligné le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, dans un communiqué.

« Cette annonce vient directement menacer la solution des deux États et la vocation de Jérusalem à être la capitale de ces deux États à un moment où tous les efforts doivent converger vers la paix », a-t-il ajouté, appelant « instamment les autorités israéliennes à revenir sur cette décision ».

« On ne peut prétendre plaider pour une solution et, dans le même mouvement, agir contre celle-ci, sans que des conséquences en soient tirées, notamment au sein de l’Union européenne », a-t-il averti.

Recevant mercredi à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Barack Obama lui avait déjà fait part de la vive préoccupation des États-Unis à l’égard du projet de Givat Hamatos, selon la Maison Blanche.

L’Italie partage la même position, affirmant jeudi que le projet israélien de construction, est « en contradiction avec la volonté, plusieurs fois réaffirmée par le gouvernement israélien, d’arriver à la paix à travers la solution de deux Etats ».

La mesure annoncée rendrait en outre plus difficile un accord « prévoyant Jérusalem comme capitale des deux Etats » et sera « un obstacle aux efforts entrepris pour parvenir à une solution définitive d’un conflit qui a déjà conditionné, si ce n’est brisé, la vie de trop de générations », prédit dans un communiqué le ministère italien des Affaires étrangères.

L’Italie « lance un appel au gouvernement israélien pour qu’il revienne sur sa décision ».