Alors qu’un nouveau cessez-le-feu vient tout juste d’entrer en vigueur en Israël et à Gaza et que les critiques à l’encontre de l’armée israélienne se font de plus en plus explicites à travers le monde, entre 4 500 et 6 000 personnes – selon les estimations de la police et des organisateurs – ont manifesté sous haute surveillance et dans le calme hier soir, jeudi 31 juillet, à Paris.

Organisé par le Conseil représentatif des organisations juives de France (le Crif) devant l’ambassade d’Israël (VIIIe arrondissement), ce « rassemblement unitaire des amis d’Israël » autorisé par la préfecture était le première du genre dans la capitale française depuis le début de l’opération Bordure protectrice, le 8 juillet.

Le Consistoire central, le Fonds social juif unifié, le B’nai Brith, l’Union des étudiants juifs de France, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’Union des patrons juifs de France, les Fils et Filles de déportés juifs de France ou encore l’Alliance israélite universelle avaient eux aussi appelé à participer à l’événement.

Dimanche dernier, entre 2 000 et 6 000 personnes avaient déjà défilé pour Israël à Marseille, dans le sud de la France.

Si aucun heurt n’avait finalement été constaté, plusieurs dizaines de pro-palestiniens avaient tenté de troubler le rassemblement.

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)v

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

D’autres manifestations de soutien ont aussi eu lieu à l’étranger, et notamment à New York, Londres, Budapest et Toronto.

En raison des tensions dans la cité phocéenne il y a quelques jours et des violences ayant éclatées lors des rassemblements pro-palestiniens de ces dernières semaines à Paris et Sarcelles, un important dispositif policier – deux compagnies de CRS, trois escadrons de gendarmerie et trois sections d’intervention de la Direction de l’ordre public et de la circulation, soit un total de 400 policiers – a été déployé.

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Les membres du Service de protection de la communauté juive, présents eux aussi en nombre, sont venus compléter le dispositif en collaborant étroitement avec la police. Toutes les rues adjacentes se sont retrouvées bouclées, des barrages policiers ont été créés et l’accès à la manifestation a été filtré.

Plusieurs journalistes, y compris David Perrotin du journal Metro et Gaspard Glanz du site VICE News, ont déclaré sur Twitter avoir rencontré des problèmes pour accéder à la manifestation ou à prendre des photos en toute tranquillité.

Dès le début du rassemblement et à plusieurs reprises, les manifestants ont chanté les hymnes nationaux français et israélien – la Marseillaise et l’Hatikva – tout en agitant des drapeaux des deux pays ou en portant des pancartes sur lesquelles étaient inscrits
« Tous unis face au terrorisme », « Je me défends donc je suis », « Non aux boucliers humains » ou encore « Plus de houmous, moins de Hamas ».

Le maire Claude Goasguen lors de la manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Le maire Claude Goasguen lors de la manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Présent lors de la manifestation, Claude Goasguen, député-maire du XVIème arrondissement de Paris et ami de longue date d’Israël, a déclaré au Times of Israel être venu ce soir « pour affirmer que le Hamas est un parti totalitaire – ce que tout le monde sait mais que personne ne dit – et qu’il faut que les Palestiniens se débarrassent de ces terroristes qui se servent d’eux comme boucliers humains pour enfin trouver la liberté à laquelle ils aspirent ».

Applaudi par les manifestants présents autour, il a ajouté qu’il était « totalement contradictoire que la France combatte le terrorisme au Mali tout en acceptant que le Hamas continue sa politique à Gaza ».

Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France, a lui expliqué qu’il y a malheureusement récemment eu « beaucoup de manifestations où on a entendu la haine d’Israël et des juifs (…). Ce soir, dans ce rassemblement, il n’y a pas de haine du peuple palestinien, il y a la haine d’un mouvement terroriste qui a comme objectif la solution finale pour le peuple juif. »

Vers 19h, plusieurs noms de soldats israéliens tués lors de l’offensive actuelle à Gaza ont été prononcés, avant qu’une minute de silence ne soit décidée, en hommage aux victimes de cette nouvelle salve de violences en Israël et à Gaza. Haïm Korsia et Michel Gugenheim, Grands Rabbins de France et de Paris, ont ensuite lu des prières pour les victimes – palestiniennes comme israéliennes, précisent-ils –, pour la République française et pour l’État d’Israël.

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Peu après, les manifestants ont chanté divers chants hébraïques et scandé « Hamas, Al-Qaïda, même combat » ou « Israël, légitime défense », avant d’être rapidement appelés à se disperser, vers 19h30.

Dans une vidéo publiée sur Internet quelques heures avant le début du rassemblement, Roger Cukierman, président du Crif, déclarait : « Nous avons de la compassion pour toutes les victimes – palestiniennes comme israéliennes. Néanmoins, nous savons qu’Israël vit sous la pression et la menace que représentent les roquettes du Hamas et les tunnels d’où peuvent sortir des kamikazes ou des terroristes palestiniens qui ne pensent qu’à une chose : kidnapper et tuer. [C’est pour ces raisons que nous devons] exprimer notre totale solidarité avec le peuple israélien qui est en danger et [qui a besoin] de notre soutien. Il faut qu’ils sachent que tous les Juifs du monde entier sont avec eux dans ce combat qu’ils mènent pour leur sécurité et leur survie. »

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Vers 20h, alors que la plupart des manifestants avaient quitté les lieux, de légères tensions ont éclaté dans une rue adjacente – des automobilistes auraient insulté des manifestants.

Une cinquantaine de jeunes pro-Israéliens casqués et gantés ont alors essayé de rattraper la voiture afin d’en découdre, avant d’être rapidement freinés par la police et le service d’ordre.

À 20h30, il ne restait plus que quelques dizaines de manifestants. Alors que des Loubavitch et des Juifs orthodoxes demandaient aux gens toujours présents s’ils avaient enfilé leurs tefilines, les forces de l’ordre procédaient à quelques contrôles d’identité.

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Manifestation pro-israélienne à Paris le 31 juillet 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Au même moment, dans la Grande synagogue de Lyon, près d’un millier de personnes priaient pour l’État hébreu et sa population, tandis que des dizaines de militants pro-palestiniens se réunissaient sur la place de la Rotonde, au nord de Paris, à l’appel de l’association EuroPalestine.

Plusieurs pancartes exprimaient leur volonté d’une dissolution de la Ligue de défense juive, organisation sioniste connue pour ses pratiques violentes et récemment mise en cause dans des heurts avec des pro-palestiniens.

Si aucune date n’a encore été prévue pour une nouvelle manifestation de soutien à Israël à Paris, les militants pro-palestiniens envisagent de défiler de nouveau ce samedi dans les rues de la capitale pour le quatrième week-end d’affilée.