Le chef de l’Etat français François Hollande soutient la création d’une « zone tampon entre la Syrie et la Turquie pour accueillir et protéger les personnes déplacées », a indiqué mercredi la présidence à l’issue d’un entretien téléphonique entre M. Hollande et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

« Le Président de la République a insisté sur la nécessité d’éviter le massacre des populations au Nord de la Syrie. Il a apporté son soutien à l’idée avancée par le président Erdogan » concernant la zone tampon, a précisé L’Elysée dans un communiqué.

Les deux hommes ont évoqué « la situation alarmante au Nord de la Syrie, notamment dans la ville de Kobané », assiégée par les djihadistes du groupe Etat islamique. Ils ont « constaté leur pleine convergence de vues sur la nécessité d’aider davantage l’opposition syrienne modérée en lutte à la fois contre Daech (un des acronymes arabes du groupe Etat islamique, ndlr) et contre le régime de Bashar el-Assad », selon le communiqué.

Par ailleurs, « s’agissant de la situation en Irak », ils « ont rappelé leur soutien à l’action menée par les combattants engagés dans la lutte contre Daesh ».

« Ils ont souligné qu’il n’y aurait de solution durable en Irak que politique, avec la pleine intégration de la population sunnite et de ses représentants », toujours selon le communiqué.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont prêts aussi à « examiner » l’idée de créer une zone tampon entre la Syrie et la Turquie, ont indiqué mercredi le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue britannique Philip Hammond.

« Cela vaut la peine d’être examiné », a dit Kerry, M. Hammond ajoutant lors d’une conférence de presse que Londres « ne l’exclurait pas », à propos d’une zone tampon pour protéger les personnes déplacées par le conflit à la frontière turco-syrienne.

Erdogan a plusieurs fois plaidé pour l’instauration d’une zone-tampon et d’une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie afin de protéger les secteurs tenus par l’opposition modérée au président syrien Bashar el-Assad et les populations qui fuient la guerre civile dans leur pays.

Selon des déclarations de Erdogan mardi, le nombre de réfugiés syriens de la région de Kobané accueillis en Turquie depuis le début de l’offensive de l’EI a atteint la barre des 200 000.

Le Parlement turc a donné le 2 octobre son feu vert formel au gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara en vue d’une intervention militaire en Syrie et en Irak contre les djihadistes de l’EI.