Les deux Israéliens tués dans l’attentat mortel de samedi au musée juif à Bruxelles ont été identifiés dimanche matin. Ce sont Mira et Emmanuel Riva, résidents de Tel Aviv.

Ils participaient à une visite à pied organisée et privée de Bruxelles lorsque la fusillade a eu lieu. Les autorités ont averti leur famille.

Le président François Hollande a estimé dimanche que le « caractère antisémite » de la fusillade du Musée juif de Bruxelles, qui a fait trois morts — deux Israéliens et une Française — et un blessé grave, « ne fait pas de doute ».

« Le caractère antisémite de cet acte, une fusillade dans le Musée juif de Bruxelles, avec cette volonté de tuer, ne fait pas de doute », a déclaré le président français en déplacement dans son fief de Tulle (sud-ouest), où il s’est rendu pour voter aux élections européennes.

La justice belge a indiqué dimanche que « toutes les pistes » restaient « ouvertes » au lendemain de l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles, et qu’elle ne pouvait confirmer qu’il s’agissait d’un « acte terroriste ou antisémite ».

Aucun suspect n’a été identifié, a annoncé une porte-parole du parquet fédéral, en précisant que la police diffuserait dimanche un appel à témoins avec des photos prises par des caméras de surveillance après cette attaque qui a fait trois morts (deux Israéliens et une Française) et un blessé grave.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a affirmé être en contact avec la police locale et averti que les dépouilles seraient rapatriées en Israël dès qu’elles ne seront plus nécessaires pour l’enquête.

Les Riva ont deux filles adolescentes.

Il a fallu de nombreuses heures aux autorités pour identifier le couple car ils ne portaient aucun signe d’identification sur eux lors de l’attentat.

« C’était un couple étonnant, des gens bien, vraiment le sel de la terre », a affirmé un ami de la famille. « Je ne connais personne comme eux… C’était aussi patriotes – ils travaillaient au ministère des Finances et dans d’autres organismes gouvernementaux pendant des années. Ils sont revenus d’Allemagne il y a tout juste deux ans, après une mission à Berlin, où ils étaient comptables dans une société gouvernementale », a poursuivi l’ami, selon le site de nouvelles Ynet.

S’adressant au leader de la communauté juive belge, Maurice Sosnowski, par téléphone, le président Shimon Peres a déclaré dimanche matin : Israël est « avec vous en ces moments difficiles. Nous partageons votre état de choc et votre profonde tristesse… Notre cœur est avec vous, les familles et la communauté. Veuillez transmettre mes condoléances à toute la communauté. »

Dimanche, Peres a appelé les dirigeants européens à prendre les devants dans la lutte contre la marée d’antisémitisme qui se répand à travers l’Europe.

« Nous devons agir sans hésitation contre toute forme d’antisémitisme », a déclaré Peres. « Les dirigeants européens doivent lutter contre ce fléau, qui montre sa face à travers le continent », a-t-il ajouté.

La fusillade samedi au Musée juif de Belgique a fait trois morts, dont le couple d’Israéliens et deux travailleurs du musée et une jeune française dont l’identité n’a pas été révélée – la quatrième victime est dans un état critique. Le tireur qui, selon la police belge, a opéré en tandem avec un chauffeur, est toujours en fuite.

Sosnowski a déclaré dimanche que le musée, n’appartenant pas exclusivement à la communauté juive, n’était pas aussi bien gardé que les autres centres juifs de la ville, ce qui en fait « une cible facile ».

« C’était une attaque pré-planifiée, ce genre de chose ne peut s’improviser. Les victimes ont été abattues à l’entrée du musée. Il semble qu’il y avait un ou deux tireurs ; le modus operandi rappelle la fusillade à Toulouse », a-t-il ajouté, faisant référence à l’attentat de mars 2012 dans lequel quatre Juifs, dont trois enfants, ont été assassinés par Mohamed Merah, qui passait à moto devant une école juive.

La fusillade de samedi a suscité beaucoup d’inquiétude au sein de la communauté juive, en Belgique et en Europe en général, souligne Sosnowski. « La sécurité a été renforcée à son plus haut niveau dans tous les centres juifs. Les autorités locales mettent tout en œuvre pour résoudre ce cas. »

Dimanche matin, avant la réunion hebdomadaire du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait immédiatement condamné l’attentat, a parlé de « la haine dont le peuple juif est témoin ces jours-
ci ». Il a félicité le pape François, actuellement en visite en Israël et dans les Territoires, pour sa « position ferme contre l’antisémitisme ».

La Haute Représentante de l’Union européenne Catherine Ashton, se joignant au chœur des leaders européens et mondiaux, a condamné l’attaque terroriste. « Je condamne sans réserve ce terrible attentat… Je présente mes condoléances aux familles des victimes et exprime ma solidarité envers les autorités belges et la communauté juive », a-t-elle affirmé, ajoutant que « tout doit être fait » pour trouver les auteurs.

Le terrorisme ne doit connaître « aucune impunité », conclut-elle.

Dimanche également, la communauté juive britannique a publié un communiqué dans lequel elle condamne « l’acte terroriste choquant », qui se veut « un rappel brutal que la haine violente et l’antisémitisme sont encore très présents en Europe. Nous appelons les autorités belges à agir rapidement pour traîner les coupables devant la justice et exhortons les gouvernements à travers l’Europe à garantir que les communautés minoritaires soient protégées de tels actes ignobles ».

Le ministère belge de la Justice devait tenir une conférence de presse en milieu de journée pour annoncer les premiers résultats de l’enquête.

Les autorités ont lancé une chasse à l’homme pour arrêter le tireur, qui s’est fait conduire au musée par un complice présumé dans une voiture Audi. Les images des caméras de sécurité sont en cours d’analyse.