Israël et la Jordanie ont conclu mercredi un accord selon lequel l’État hébreu fournira au royaume hachémite du gaz, issu du gisement naturel de Tamar, en Méditerranée, dont la valeur s’élève à 365 millions d’euros.

L’approvisionnement doit commencer en 2016 et se poursuivre sur une période de 15 ans. L’accord est susceptible d’être étendu à un partenariat de près de 22 milliards d’euros, en vertu duquel Israël deviendrait le principal fournisseur en gaz de la Jordanie, révèle la deuxième chaîne israélienne.

Amos J. Hochstein, le sous-secrétaire d’État à l’Énergie des Etats-Unis, a joué un rôle clef dans la transaction. Hochstein, dont les parents sont Israéliens, s’est rendu à 14 reprises en Jordanie pour ouvrir la voie à un accord. Le président israélien Shimon Peres aurait également contribué à la réussite des négociations.

Selon l’accord, Tamar fournira près de 1,9 milliard de mètres cubes de gaz à la compagnie jordanienne Arab Potash et à son affiliée, Jordan Bromine, au sein de leurs installations situées près de la mer Morte, selon un communiqué publié par l’entreprise texane Noble Energy, qui possède 36 % du gisement de Tamar.

Les Jordaniens se sont tournés vers Israël, alors que leurs approvisionnements en gaz naturel depuis l’Égypte sont mis à mal par de nombreuses attaques terroristes sur les gazoducs.

L’an dernier, Israël a décidé d’exporter 40 % de ses réserves offshore de gaz, récemment découvertes.

En mars 2013, Israël a démarré le pompage de gaz naturel depuis le gisement de Tamar, découvert en 2009 et situé près de 90 kilomètres à l’ouest de Haïfa, dont les réserves sont estimées à plus de 240 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

En plus de Tamar, un gisement encore plus grand, Leviathan – dont les réserves sont estimées à plus de 450 milliards de mètres cubes de gaz – a été découvert en 2010 à 130 kilomètres à l’ouest de Haïfa. Il devrait être opérationnel en 2016.

La décision sur les exportations de gaz a été prise suite aux conclusions du comité Tzemach, dirigé par l’ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie Shaul Tzemach. Le comité, créé fin 2011, a conseillé à Israël de conserver les 450 milliards de mètres cubes de gaz initiaux pour un usage domestique, puis d’autoriser l’exportation de la moitié de chaque nouvelle extraction des réserves prouvées.

Israël explorerait aussi la possibilité d’exporter du gaz vers la Turquie, malgré les relations tendues entre Jérusalem et Ankara.

« Cet accord ouvre la voie à d’autres projets d’exportations, qui pourraient renforcer la coopération régionale et fournir des provisions supplémentaires au marché domestique et une meilleure qualité d’approvisionnement grâce au développement de nouveaux réservoirs et de nouvelles infrastructures », a déclaré Lawson Freeman, le vice-président de la branche méditerranéenne de Noble Energy.