Deux jours après la déclaration du Premier ministre Benjamin Netanyahu affirmant que « tous les signes » indiquaient que le terroriste qui a fauché avec son camion un groupe de soldats à Jérusalem dimanche était un partisan de l’Etat islamique (EI), des responsables de la sécurité ont déclaré mardi qu’ils ne pouvaient pas confirmer l’affirmation du Premier ministre, mais uniquement que Fadi al-Qunbar avait été « exposé » à la propagande du groupe.

« Selon tous les signes, [Qunbar] est un partisan de l’Etat islamique », a déclaré Netanyahu dimanche.

« Nous savons que ce sont des séries d’attaque, et il pourrait définitivement y avoir un lien entre elles, de la France à Berlin, en passant maintenant par Jérusalem », avait ajouté le Premier ministre.

Mardi, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a déclaré que le Shin Bet pensant que l’attaque avait été commise sur l’instant.

« Selon une évaluation du Shin Bet, cet attaquant n’avait même pas prévu de le faire. Il était dans un camion, il habitait en Israël et avait une carte d’identité israélienne, il a vu les soldats et a décidé de leur rouler dessus, en imitant ce qu’il s’est passé à Berlin et à Nice ; c’est le phénomène que nous devons contenir », a déclaré Deri à la radio militaire.

Une tente de deuil est dressée en hommage à Fadi al-Qunbar devant la maison de sa famille dans le quartier de Jérusalem Est de Jabal Mukaber, le 9 janvier 2017. La veille, il a tué 4 soldats israéliens dans un attentat au camion bélier, avant d'être abattu. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Une tente de deuil est dressée en hommage à Fadi al-Qunbar devant la maison de sa famille dans le quartier de Jérusalem Est de Jabal Mukaber, le 9 janvier 2017. La veille, il a tué 4 soldats israéliens dans un attentat au camion bélier, avant d’être abattu. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Cependant, sur ce point également, les responsables sécuritaires sont bien plus circonspects.

« Nous savons que le terroriste a été exposé aux documents de Daesh », a déclaré un responsable au Times of Israël en utilisant l’acronyme arabe de l’EI.

« Au-delà de cela, les choses en sont toujours au stade de l’enquête, et nous ne pouvons pas déterminer avec certitude si c’était prévu à l’avance ou si d’autres étaient informés [qu’il prévoyait de mener une attaque], ou s’il a reçu de l’aide », ont déclaré les responsables sous couvert d’anonymat.

Les proches et les voisins du terroriste ont déclaré que Qunbar, père de quatre enfants, épousait une version ultra-rigoriste de l’islam, le salafisme, mais qu’il n’avait aucune relation connue avec un groupe terroriste palestinien.

De plus, ils ont déclaré que Qunbar avait été motivé à agir après avoir entendu un sermon à sa mosquée, qui attaquait le président américain élu Donald Trump, qui a promis pendant sa campagne de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

« Il était très en colère, et a dit que transférer l’ambassade déclencherait une guerre », a déclaré le cousin de Qunbar, selon le quotidien Israël Hayom.

Un groupe palestinien précédemment inconnu, le « collectif du martyr Baha Alyan », qui porte le nom d’un terroriste qui, avec un complice, a tué trois Israéliens dans un bus à Armon Hanatziv en 2015, a revendiqué l’attaque. La validité de cette revendication est difficile à évaluer.