Il n’était pas né encore, mais Joseph Shick et Jacob Septimus se rappellent de 1967.

« C’était une histoire avec laquelle j’ai grandi, et en lisant sur ce sujet après avoir été choqué par l’Holocauste, c’était comme le conte parfait de l’outsider », raconte Septimus, un réalisateur, producteur et un ancien directeur créatif de publicité travaillant sur un nouveau long métrage, Jérusalem 67.

Joseph Schick, un avocat et journaliste sportif qui se lance maintenant dans une carrière de producteur, est plus direct. « C’est une histoire qui n’a jamais été montrée en film. Même les images des documentaires sont plus sur le Sud – tout le monde pensait que l’action allait être en Egypte. Notre film portera sur les gens et la ville de Jérusalem ».

La guerre des Six-Jours a changé la perception d’Israël dans le monde entier. Schick décrit un sentiment de catastrophe inévitable que de nombreux étrangers ont expérimenté quand l’Egypte, la Jordanie et la Syrie se sont alliés pour conduire l’Etat juif à la mer. L’euphorie qui a suivi, ce que Septimus appelle la « vague de l’arrière suprême », s’est évaporée de nombreux coins à cause de l’actuel conflit indirectement lié.

Jérusalem 67 espère aider les gens qui lancent des phrases comme « ville divisée » et « Ligne verte » à mieux comprendre ce qui s’est effectivement produit dans cette courte guerre. Cependant, l’équipe ne cherche pas à faire une simple Hasbara [propagande].

« Je n’ai aucune envie de faire un film de propagande », explique Septimus. « La guerre du Kippour, du Liban et le raid d’Entebbe ont été couverts de manière exhaustive. Lorsque vous regardez les documents de l’époque, les gens se demandaient ‘qui fera le film hollywoodien à ce sujet ?’. Et cela ne s’est jamais produit. »

« Un peu comme la façon dont personne en Amérique n’a touché au Vietnam pendant des années. Les gens avaient peur d’y toucher à cause de son héritage. Mais l’héritage est l’héritage – l’histoire est toujours l’histoire. Raconter l’histoire peut rendre l’héritage un peu plus clair ».

Les producteurs ont posé une option sur le livre d’Abraham Rabinovich La bataille pour Jérusalem, ainsi que quelques articles qu’il a écrits pour le Jerusalem Post, et fondent leur histoire sur les personnages composites tirés de ces sources. Ils ont fait appel aux services de Mikael Salomon en tant que directeur.

Salomon est ce que vous appelleriez un cinéaste compagnon. Le directeur danois (et demi-juif) a commencé comme directeur de la photographie et a travaillé sur des films de James Cameron (Abyss), Steven Spielberg (Always) et Ron Howard (Horizons lointains).

Plus récemment, il a dirigé des séries télévisées comme Rome, The Company et le remake de la Menace d’Andromède. Plus pertinent pour Jérusalem 67 est son travail sur Band of Brothers qui a remporté de nombreux prix.

Le casting réunira un mélange de talents hollywoodiens et d’acteurs israéliens, et profite que la nouvelle récolte des équipes israéliennes aiguisent leurs dents sur des productions de prestige comme Dig de NBC, Tyran de F/X et le film de Natalie Portman Une histoire d’amour et de ténèbres.

Comme la production ne commencera pas avant le printemps prochain, le casting n’a pas encore été finalisé, mais l’intérêt considérable sera la force de caractère du personnage principal féminin.

Malgré quelques séquences « salle enfumée » avec des personnages historiques (comme l’apparition d’Uzi Narkiss et de Moshe Dayan au sommet du mont Scopus discutant de la promesse de Titus de détruire la ville, ou le rabbin Goren soufflant dans son shofar), le film sera raconté du point de vue de gens ordinaires qui se retrouvent dans des circonstances extraordinaires.

Nous verrons la bataille à travers les yeux d’une conductrice d’ambulance mère célibataire et de son partenaire potentiel qui est appelé à la Brigade de Jérusalem.

« Ce sont des gens qui lorsque les troubles ont éclaté sont allés à la base – ils n’étaient pas déployés à l’étranger », souligne Schick. Le côté arrière-cour du conflit rappelle à Schick un ami, qui est allé à Jénine en 2002.

« Il se trouvait dans une bataille brutale, a vu beaucoup de ses camarades tués ou blessés, et était de retour au travail deux jours plus tard. Où d’autre cela pourrait-il se produire mis à part en Israël ? ».

Shick et Septimus réfutent l’idée qu’un projet avec un soupçon de sentiment sioniste aura du mal à réussir sur le marché.

« Les ‘élites’ de New York et de Los Angeles considèrent qu’Israël est un sujet controversé, mais la plupart du reste de l’Amérique soutient Israël. L’Amérique centrale qui va à l’église et ne connait même pas de Juifs aime Israël. Justin Timberlake était aussi au Mur. Jay Leno était là-bas. »

« Claire Danes a écrit un article pour le New York Times Magazine. Les Rolling Stones sont en ville. Bien sûr, il y a le BDS, et Danny Glover n’aime pas Israël et aussi Mel Gibson – je suppose que le prochain Arme Fatale ne sera pas filmé ici ».

« Ce n’est pas de la propagande et ce n’est pas embelli », ajoute Septimus, « Je suis fermement à gauche. Nous ne faisons pas cela pour le public de la Fox News. Il y a une grande histoire ici chargée de symbolisme et de signification pour notre époque. Actuellement, il y a trop de dialogues abrégés. Les gens disent juste ‘les frontières de 67’ sans même savoir ce que cela signifie – nous espérons que cela pourra relancer un dialogue plus grand, et plus éclairé ».

Après un moment, cependant, les deux cinéastes qui empruntent la longue route de la production, de la distribution et des festivals conviennent qu’ « un peu de controverse n’est pas nécessairement une mauvaise chose ».