AMSTERDAM — Une militante hollandaise des droits palestiniens, qui est mariée à un cadre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a été nommée membre du gouvernement en charge de l’aide internationale du ministère des Affaires étrangères de son pays.

La nomination de Sigrid Kaag à ce poste, le deuxième du ministère néerlandais des Affaires étrangères, sera officialisée dans les prochains jours par la signature d’un accord de coalition entre le Parti pour la Liberté et la Démocratie du Peuple au pouvoir et trois autres partis, y compris son parti de gauche D66, a annoncé vendredi la chaîne publique NOS.

Epouse du politicien de l’OLP Anis al-Qaq – vice-ministre sous Yasser Arafat dans les années 1990 et ambassadeur de l’Autorité palestinienne en Suisse – Kaag a travaillé pour l’agence UNRWA des Nations unies pour le soutien des Palestiniens.

En tant que ministre en charge de l’aide humanitaire, Kaag ne sera pas directement responsable des relations étrangères de son pays, l’un des plus forts alliés d’Israël dans l’Union européenne. Elle sera cependant responsable de la mise en place des projets d’aide en Cisjordanie – y compris ceux qui sont considérés comme illégaux par Israël, et qui ont conduit à des frictions entre l’Etat juif et les Pays-Bas.

Le prochain ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas sera Halbe Zijlstra, issu du parti au pouvoir, qui est décrit par les militants pro-palestiniens comme « très pro-Israël ».

Halbe Zijlstra, ministre néerlandais des Affaires étrangères, photographié en 2012. (Crédit: autorisation/Rijksoverheid)

Halbe Zijlstra, ministre néerlandais des Affaires étrangères, photographié en 2012. (Crédit: autorisation/Rijksoverheid)

En 2015, Zijlstra a écrit un éditorial dans le quotidien Handelsblad NRC où il a critiqué l’accord international négocié par les Etats-Unis avec l’Iran, « une erreur historique ».

L’accord, qui permet la levée des sanctions internationales contre l’Iran en échange de la suspension de son programme nucléaire pour 10 ans, « renforce le régime anti-occidental à Téhéran, crée de l’instabilité au Moyen Orient et donne à l’Iran la liberté nécessaire pour développer une bombe nucléaire », avait écrit Zijlstra.

L’Union européenne, dont les Pays-Bas sont un des membres fondateurs, soutient l’accord, que le président Donald Trump a refusé ce mois-ci de certifier à nouveau.

Dans un entretien accordé en 1996, Kaag avait déclaré que Benjamin Netanyahu, qui avait, à cette époque, été élu Premier ministre pour la première fois, ne représentait pas les Israéliens à la recherche de la paix.

« Ils ne sont absolument pas représentés par Netanyahu », a déclaré Kaag en parlant de ce groupe d’Israéliens. Quand le journaliste lui avait rappelé que Netanyahu avait été démocratiquement élu, elle avait répondu, : « Oui, par une toute petite marge et à cause de règles électorales spéciales. » Netanyahu avait gagné en 1996 avec une avance de 1 % sur Shimon Peres.

Lors de l’entretien, Kaag avait qualifié les habitants des implantations de « colons illégaux sur une terre confisquée ». Elle avait également déclaré que les habitants des implantations la traitaient de « traînée des Arabes ».

Dans ce même entretien, elle avait également affirmé que son beau-père avait été poignardé en 1995 sur la promenade de Jérusalem par un Juif portant un keffiyeh arabe – une affirmation qui a ensuite été contestée par des détracteurs, qui ont indiqué que les dossiers de la police israélienne ne montraient aucune trace d’un tel incident cette année là.

« Netanyahu procède avec de petites phrases aux accents racistes et démagogiques au sujet du partenaire de paix palestinien, son partenaire de paix arabe, qui est toujours mis de côté », avait ajouté Kaag.