La justice iranienne a commué en peine de prison la condamnation à mort prononcée en 2014 contre Soheil Arabi, un trentenaire reconnu coupable d’avoir « insulté le prophète de l’islam », a déclaré mardi le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi.

« La réduction de sa condamnation à une peine de prison par la Cour suprême témoigne de l’indépendance de la justice », a affirmé le procureur, cité par Mizan, l’agence de presse de l’Autorité judiciaire iranienne.

Mizan ne précise pas la date du jugement rendu par la Cour suprême ni la durée de la peine de prison finalement infligée à Abari.

La cour suprême a confirmé la culpabilité d’Arabi pour avoir insulté Mahomet, « le prophète de l’islam, ses descendants et le Saint Coran », mais aussi pour « insulte envers des dirigeants du pays », « propagande contre le régime, et publication d’images obscènes », a ajouté Jafari Dolatabadi.

Arabi avait été condamné à mort en août 2014 après avoir été reconnu coupable, entre autres, d’avoir insulté sur Facebook Mahomet et les 12 imams vénérés par les chiites.

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) avait alors appelé l’Iran à réformer son code pénal pour en « supprimer les disposition qui criminalisent la liberté d’expression pacifique surtout quand elles la punissent par la peine de mort ».

Selon Mizan, Jafari Dolatabadi a également indiqué que Reza Shahabi Zakari, un dirigeant syndicaliste considéré par Amnesty International comme un « prisonnier d’opinion » avait été accusé d’avoir vendu à « un des groupes hostiles » à la République islamique « des renseignements en rapport avec la sécurité » nationale.

Dirigeant d’une centrale syndicale non reconnue par les autorités, Shahabi Zakari avait été arrêté en 2010 et condamné à six années de prison, selon Amnesty International.

Mi-septembre, l’organisation de défense des droits de l’Homme avait demandé à ce qu’il soit « libéré immédiatement et sans condition » pour pouvoir bénéficier de soins médicaux après « plus de quarante jours » d’une grève de la faim entamée pour protester contre le fait qu’il ait « été contraint de retourner en prison. »

Selon sa femme, citée par l’agence de presse Ilna, proche des réformateurs, Shahabi Zakari à cessé sa grève de la faim au bout de cinquante jours et doit encore passer deux ans et demi derrière les barreaux, ses séjours hors de prison pour se faire soigner n’entrant pas dans le décompte de l’exécution de sa peine.