Ismail Haniyeh, dirigeant du Hamas, a déclaré samedi que la Turquie avait promis d’envoyer d’importantes quantités de carburant à la bande de Gaza pour tenter de mettre fin à la crise de l’électricité qui a déclenché des manifestations populaires, un évènement rare dans l’enclave palestinienne.

Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a arrêté des centaines de personnes ces derniers jours pour tenter d’étouffer les manifestations qui ont secoué le territoire.

Dans un communiqué de presse, Haniyeh a déclaré que l’accord pour l’aide d’urgence d’Ankara avait été conclu après des jours d’ « efforts intenses » pour mettre fin à la crise.

Le diesel permettra de rouvrir la seule centrale électrique de la bande de Gaza, qui fournit de l’électricité au quelque 2,2 millions d’habitants palestiniens de l’enclave.

Haniyeh devrait également rencontrer des dirigeants qataris dans les prochains jours pour discuter de solutions à long terme aux fréquentes coupures de courant dans la bande de Gaza.

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh salue la foule lors d'un rassemblement marquant le 28e anniversaire de la création du Hamas, à Gaza Ville, le 14 décembre 2015. (Crédit : Emad Nassar/Flash90)

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh salue la foule lors d’un rassemblement marquant le 28e anniversaire de la création du Hamas, à Gaza Ville, le 14 décembre 2015. (Crédit : Emad Nassar/Flash90)

Le territoire palestinien connaît en ce moment la pire crise d’approvisionnement en électricité depuis des années. Les foyers n’ont accès qu’à trois à quatre heures d’électricité par jour, au cœur du froid hivernal. Plusieurs décès ont été déclarés.

Les habitants de Gaza ont organisé ces dernières semaines des manifestations spontanées, une rare démonstration de dissidence, et notamment des marches de nuit avec des torches pour demander plus d’électricité.

Jeudi, des milliers de manifestants ont marché, dans le nord de la bande de Gaza, vers le siège local de la compagnie d’électricité dirigée par le Hamas. Il s’agissait de l’une des plus importantes manifestations non autorisées du territoire depuis que le Hamas y a pris le pouvoir il y a près de dix ans.

Le Hamas s’est montré très peu tolérant face à la dissidence, et a rapidement agi pour réprimer la manifestation de jeudi. Les membres du Hamas ont violemment dispersé les manifestants avec des tirs de sommation, et plusieurs journalistes ont été frappés.

Pendant le week-end, le Hamas a arrêté une centaine d’organisateurs de manifestation, mais ses actions semblent n’avoir eu que peu de succès, et d’autres protestations ont été prévues.

Manifestation contre les coupures de courant à Gaza ville, dans la bande de Gaza, le 12 janvier 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Manifestation contre les coupures de courant à Gaza ville, dans la bande de Gaza, le 12 janvier 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Mercredi, le Hamas a arrêté un comédien local, qui a publié une vidéo virale déplorant les coupures d’électricité pendant la froide saison hivernale.

La vie est de plus en plus difficile pour les deux millions d’habitants de Gaza, qui s’amassent sur l’étroit territoire costal. La violente prise de pouvoir du Hamas il y a près de dix ans a déclenché un blocus israélien et égyptien qui a, entre autres, sévèrement aggravé les coupures d’électricité.

La raison immédiate de la crise serait cependant la rupture entre le Hamas et l’Autorité palestinienne (AP), qui gouverne la Cisjordanie et est reconnue par la communauté internationale.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza au Fatah, qui dirige l’AP, en 2007, menant le territoire au bord de la guerre civile.

Les deux partis n’ont pas réussi à former un gouvernement d’unité et sont en conflit sur les droits de douane pour les imports de carburants.

Une autre raison expliquant l’absence d’approvisionnement énergétique à Gaza est le nombre de factures impayées.

Près de 70 % des foyers ne paient pas leur facture d’électricité, soit à cause de la pauvreté, soit en raison de l’absence de recouvrement, ont estimé les Nations unies.