L’ancien président Shimon Peres s’est attiré une vague de critiques qui a balayé tout le spectre politique, lundi, après que les médias ont signalé qu’il avait signé un contrat pour devenir le promoteur de la Banque Hapoalim pour un salaire mensuel de 30 000 dollars par mois. Les associés ont rapidement nié que Peres serait impliqué dans une campagne israélienne pour la la banque.

Un article dans le quotidien économique The Marker annonce que cette mesure a été prise pour améliorer l’image de Hapoalim à l’étranger et pourrait aussi aider le plus grand prêteur d’Israël à se préparer à affronter la législation qui augmentera la concurrence dans le secteur bancaire. Le candidat au poste de ministre des Finances, Moshe Kahlon, devrait soutenir une telle législation dans la prochaine Knesset.

« Je savais qu’il adore les honneurs, il semble (qu’il aime) aussi l’argent », écrit la députée Shelley Yachimovich (Union sioniste) sur son compte Twitter. « Inutile, déroutant, gênant, embarrassant. Parler de la paix. Et de l’argent. »

Le leader du parti de gauche Meretz, Zahava Gal, a écrit dans un communiqué qu’elle était surprise d’apprendre que Peres irait apparemment contre les principes qu’il a respecté tout au long de sa vie et travaillerait pour une banque qui, selon elle, « exploite ses clients ».

L'ex-leader du parti HaAvoda, la députée Shelly Yachimovich (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

L’ex-leader du parti travailliste, la députée Shelly Yachimovich (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

« J’ai énormément de respect pour l’ancien président Peres et le travail qu’il a accompli au fil des ans pour le peuple et pour les choses auxquelles il croit, et c’est exactement pourquoi je suis étonnée et embarrassée », a déclaré Gal-on, en appelant Peres à reconsidérer l’offre. « Pour 30 000 dollars par mois, un ancien président, Peres travaillera pour la Banque Hapoalim, et, selon les prévisions, aidera la banque à combattre des réformes justifiées ».

La députée Miri Regev (Likud) estime que cela représente un retour en arrière pour Peres – le passage du statut du président à celui de simple lobbyiste à la Knesset, en agissant pour le compte d’une banque.

« Il est tout simplement incroyable », s’insurge-t-elle dans un communiqué. Il y a des anciens présidents qui s’occupent du réchauffement climatique, de la paix du monde, d’aider les faibles, mais notre président a choisi d’aider la Banque Hapoalim pour de l’argent ».

Pendant et après la récente campagne électorale, Kahlon a exhorté les banques d’Israël à réduire les frais élevés pratiqués sur les clients.

L’avocat de Peres a souligné que le contrat concernait seulement la promotion de l’entreprise à l’étranger et a précisé qu’il ne comportait pas du lobbying ou d’initiatives relatives à la législation de la Banque Hapoalim en Israël.

Citant des sources proches de Peres, l’article de Marker ajoute que tous les profits que l’ancien président tirerait de ce contrat seraient remis à des organismes caritatifs ou à des projets qui défendent la justice sociale et que sa promotion de la banque à l’étranger ferait avancer le dialogue, la paix et Israël en tant que « nation start-up ».

Le mois prochain, Peres doit assister à New York à la célébration du 40e anniversaire des activités de la banque en Amérique avec l’ancien maire Rudy Giuliani.

L’article sur les relations de Peres avec Hapoalim survient au milieu d’une enquête menée par le ministère américain de la Justice afin de déterminer si les grandes banques d’Israël ont aidé leurs clients américains à échapper aux autorités fiscales américaines.