Dans un communiqué publié jeudi soir, le bureau de M. Peres a précisé que le pape, le chef de l’Etat israélien et le président Abbas lanceraient « un appel conjoint à la paix aux peuples du monde entier ».

« Le président Peres mettra un accent particulier sur l’importance du dialogue interreligieux », précise le communiqué prenant soin de souligner que « l’événement aura lieu dans le jardin dépourvu de symboles religieux et qui n’est pas un endroit de prière pour garantir qu’il sera conforme à la tradition juive ».

Selon l’agence Ansa, la prière pourrait être suivie ou précédée d’un entretien.

Dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem à Rome, interrogé sur l’avenir de Jérusalem, le Pape avait reconnu que le Saint-Siège avait son « point de vue religieux » mais qu’il n’était pas « compétent » sur le plan politique: « les mesures concrètes pour la paix doivent sortir de la négociation (…) A dire vrai, je ne me sens pas compétent pour dire: il faut qu’on fasse cela ou cela. Parce que ce serait une folie de ma part! »

L’insistance à souligner qu’il ne s’agit pas d’une médiation n’exclut pas que la diplomatie vaticane puisse se mobiliser. L’idée est que la prière puisse amener les protagonistes à reprendre le chemin du dialogue, d’autant que le secrétaire d’Etat Pietro Parolin est un grand connaisseur du dossier israélo-palestinien.

La diplomatie vaticane a plusieurs succès à son actif comme la médiation entre le Chili et l’Argentine en 1978 sur le litige du canal de Beagle. Jean XXIII avait aussi contribué à désamorcer la crise des missiles à Cuba, entre Etats-Unis et URSS, en 1962.

En septembre, François avait eu l’idée d’une « journée mondiale de prière et de jeûne pour la paix » en Syrie, au moment où les Etats-Unis et la France pensaient à des frappes aériennes contre le régime de Bachar al-Assad.

La démarche de François vise à montrer que les trois religions monothéistes ont des racines communes et doivent s’entendre pour la paix sur une terre sacrée pour elles trois. C’est ainsi qu’il a déposé la prière du « Notre Père » dans le Mur des lamentations, et qu’il a donné l’accolade devant ce mur à un rabbin et à un professeur musulman.

En Italie et en Argentine notamment des moments de prière ont été annoncés en solidarité avec la rencontre au Vatican.