Le président Shimon Peres a déclaré lundi que la condamnation de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert pour corruption est un « triste » jour pour Israël.

« J’ai entendu le verdict ce matin », dit-il. « Je n’ai pas encore lu les détails, mais je peux affirmer que c’est un jour triste pour l’Etat d’Israël ».

Selon les propos du Mouvement pour un gouvernement de qualité, qui font écho aux déclarations de Peres, le mouvement israélien a toutefois indiqué que cette condamnation offrait des signes d’espoir. Israël commence enfin à s’attaquer à une culture politique gangrénée par la corruption.

« C’est un triste jour qui offre dans le même temps un peu d’espoir pour un avenir meilleur », a déclaré l’observatoire de la démocratie dans un communiqué. « Il s’agit d’une piqûre de rappel retentissante dans la lutte contre la corruption ».

L’ancien Premier ministre, Ehud Olmert, a été reconnu lundi coupable par un tribunal de Tel Aviv d’avoir touché des pots-de-vin dans l’affaire    « Holyland », un scandale immobilier à Jérusalem.

Une première pour un chef de gouvernement en Israël, empêtré dans l’un des pires scandales de corruption de l’histoire du pays.

Si la sentence n’a pas encore été annoncée, Olmert écopera très probablement d’une longue peine d’emprisonnement, et voit ainsi brisés ses espoirs de faire un retour en politique.

Mais un mot d’ordre dans le camp Olmert, à l’issue du verdict : « le dernier mot » n’a pas été dit dans cette affaire.

« Nous allons réfléchir à nos choix pour l’avenir » a déclaré l’avocat principal de la défense Roy Blecher à la sortie de la salle d’audience.     « Le dernier mot n’a pas été dit ».

Même son de cloche du côté du porte-parole d’Olmert, Amir Dan. Il précise toutefois que son client a été acquitté des deux principaux chefs d’accusation. Les avocats de l’ancien Premier ministre n’ont pas encore confirmé qu’ils feraient appel du verdict.

« Ce n’est évidemment pas une journée facile », confie-t-il. « Nous avons beaucoup de respect pour la cour. Rappelez-vous que le tribunal a acquitté Olmert des deux principaux chefs d’accusation. Le verdict est basé sur le témoignage d’un témoin que le tribunal a qualifié de faussaire et de menteur. Et nous n’avons pas eu le temps de mener le contre-interrogatoire. Nous étudierons attentivement le verdict, et ce n’est pas notre dernier mot ».

Un autre avocat de M. Olmert, Eli Zohar, a souligné que le tribunal a établi que l’ancien Premier ministre n’avait jamais « mis d’argent dans sa poche ».

L’ancienne directrice de cabinet d’Olmert, Shula Zaken, également reconnue coupable de plusieurs chefs d’accusation, a également indiqué qu’elle avait encore des choses à dire.

Impliquée dans le scandale Holyland, Zaken souhaitait se pourvoir en témoin de l’accusation quatre jours avant le procès, en remettant un enregistrement susceptible d’incriminer son ancien patron, en échange d’un allègement de sa peine.

« Le jour viendra où je dirai tout ce que j’ai sur le cœur », a-t-elle dit.

« Respectez ce choix, respectez la cour, et permettez-moi de rentrer à la maison avec mes enfants et petits-enfants », a-t-elle déclaré.

Le juge avait auparavant rejeté le marché conclu par Zaken avec le ministère public.

Les politiciens de tout bord se sont exprimés avec retenue sur le sujet sans assaillir Olmert.

« Le juge Rozen n’a pas été manipulé par Olmert et ses associés et a condamné le politicien le plus corrompu de l’histoire de l’Etat », a déclaré la présidente du parti Meretz, Zahava Gal-on.

Qualifiant ce jour d’« important pour l’Etat de droit », la député travailliste Shelly Yachimovich a salué la condamnation de M. Olmert, ajoutant que l’ancien Premier ministre était « un criminel condamné pour avoir exploité sans vergogne son pouvoir et ses relations pendant des décennies afin de devenir riche ».

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett a qualifié le verdict de « pas en avant » pour le pays.

« L’Etat d’Israël a fait un grand pas en avant aujourd’hui vers un leadership plus moral», a–t-il écrit sur sa page Facebook officielle.         « Israël s’est débarrassé de la corruption ».

« Un leader a le droit de faire des erreurs, mais pas d’être corrompu. La corruption intervient quand vous utilisez la fonction publique à des fins personnelles. Dès lors qu’un responsable commence à agir au nom de ses propres intérêts au lieu de servir les citoyens, ces derniers cessent de croire en lui et au pays ».

Elie Leshem et l’AFP ont contribué à la rédaction de cet article.