Le président israélien Reuven Rivlin a salué vendredi en la personne du roi Abdallah d’Arabie saoudite, un « dirigeant exemplaire par son jugement solide, réfléchi et responsable », malgré l’absence de relations entre les deux pays.

Il s’est dit « attristé » dans un communiqué de la disparition du souverain saoudien.

« Gardien des lieux saints de l’islam, le roi Abdallah a agi en force de modération, respectueuse de ce que Jérusalem a de sensible et de saint, et a cherché à promouvoir une vision de prospérité pour la région », a ajouté le président israélien.

« Ses politiques sages ont été un grand apport pour notre région et pour la stabilité du Moyen-Orient », selon lui.

L’Arabie saoudite est un ardent défenseur de la cause palestinienne. Sans avoir de relations diplomatiques, Israël et l’Arabie saoudite ont cependant en commun de s’opposer à une expansion iranienne et d’être d’importants alliés des Etats-Unis dans la région.

A Davos, en Suisse, l’ancien président israélien Shimon Peres a déclaré que la mort du roi saoudien était « une vraie perte pour la paix au Proche-Orient ».

« Il était un leader expérimenté et un roi sage. Il avait eu le courage (…) de s’impliquer et de lancer un plan de paix pour le Proche-Orient », a déclaré M. Peres en marge du Forum économique mondial, en référence à l’initiative de paix arabe de 2002 pour régler le conflit israélo-palestinien.

« Je ne suis pas sûr que nous aurions pu en accepter tous les termes, mais il y avait de l’esprit, de la force et de la sagesse » dans cette initiative, qui a abouti à un processus qui reste « une base solide pour faire la paix », a-t-il ajouté.

Le roi de Jordanie Abdallah II a quitté de manière anticipé Davos où il participait au Forum économique mondial après la mort du roi Abdallah d’Arabie saoudite, a-t-on appris vendredi auprès des organisateurs du forum.

L’intervention du roi de Jordanie prévue à 13h15 GMT devant les leaders économiques et politiques du monde a été annulée, et le roi à quitté la bourgade suisse, a appris l’AFP auprès de l’organisation.

De même, le prince saoudien Turki Al Faisal Al Saud, qui aurait dû participer à des débats vendredi matin, ne s’est pas présenté.

Agé d’environ 90 ans, le roi Abdallah d’Arabie saoudite est mort vendredi et son demi-frère le prince Salmane, 79 ans, lui a succédé sur le trône du premier pays exportateur de pétrole, qui est aussi un acteur-clé du Moyen-Orient et le berceau de l’islam.

L’Iran présente ses condoléances au peuple saoudien

L’Iran chiite a présenté vendredi ses condoléances au peuple et au gouvernement saoudiens après la mort du roi Abdallah, et annoncé que son chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif se rendrait à Ryad.

Dans un communiqué publié sur le site internet du ministère des Affaires étrangères, l’Iran a annoncé que M. Zarif assisterait à une cérémonie officielle dans la capitale saoudienne samedi, sans plus de précision.

La monarchie sunnite et la République islamique chiite ont opéré ces derniers mois un timide rapprochement après plusieurs années de tensions, alimentées notamment par la guerre en Syrie, où l’Iran soutien le président Bachar al-Assad tandis que Ryad appuie la rébellion.

Depuis l’élection en juin 2013 du président modéré Hassan Rouhani, Téhéran a entamé une série de démarches diplomatiques vers l’Arabie saoudite, légèrement freinées ces derniers temps par la chute des prix du pétrole, alors que les deux pays sont membres de l’Opep.

Les responsables iraniens ont ainsi exprimé leur frustration après la décision, fortement influencée par Ryad, de l’Opep de maintenir sa production inchangée, accélérant la chute des cours à des niveaux inégalés depuis la crise de 2008. Les prix ont baissé de 50% entre juin et décembre.

L’Iran fait partie des pays les plus touchés par cette chute drastique des cours du brut, qui ont nettement rebondi après l’annonce du décès du roi Abdallah.