Le ministre de la protection de l’Environnement Amir Peretz (Hatnua) a annoncé sa démission à la chef du parti Hatnua Tzipi Livni dimanche matin.

Livni a accepté la décision de Peretz, affirmant que les deux continueront à collaborer dans le cadre du parti Hatnua.

Peretz a annoncé officiellement sa décision à la réunion du cabinet dimanche matin, selon la radio israélienne. Sa démission entrera en vigueur après 48 heures, mardi matin.

Le ministre avait menacé de quitter le gouvernement s’il ne changeait de cap, et affirmé qu’il voterait contre le budget 2015.

Lors de l’émission « Rencontre avec la presse » sur la Deuxième chaîne, Peretz, ancien dirigeant syndical, a protesté contre le budget et promis qu’il « ne ferait pas partie d’un gouvernement qui poursuit dans cette voie ».

« Je ne soutiendrai pas le budget tel qu’il est aujourd’hui, » a-t-il poursuivi, « devant les pleurs des plus pauvres [du pays], et je ne resterai pas dans un gouvernement qui se comporte comme il le fait aujourd’hui. »

« [Le Premier ministre Benjamin] Netanyahu n’est pas la solution, mais le problème, » a accusé Peretz.
Le président du parti travailliste Isaac Herzog, chef de l’opposition, a exhorté l’ensemble du parti Hatnua à quitter la coalition et à aider à renverser le gouvernement.

Voter contre le budget lundi n’aurait pas scellé le sort de Peretz s’il n’avait pas démissionné.

Selon la loi, un gouvernement qui ne parvient pas à faire passer un budget doit tomber, déclenchant de nouvelles élections ou la formation d’une nouvelle coalition.

Qu’un ministre vote contre le budget est donc considéré comme une violation de l’accord de coalition – qui a le statut d’un contrat juridique.

Si Peretz a refusé de dire s’il pensait que Netanyahu était apte à être Premier ministre, il a cependant confié que « l’heure est venue de commencer à parler de solutions de rechange au Premier ministre ».

L’ancien chef du Parti travailliste a également accusé Netanyahu d’être le captif des extrémistes de droite.

Le président de la coalition, le député Zeev Elkin (Likud), a répondu à Peretz samedi soir, l’accusant de se livrer à des manœuvres politiques transparentes : « Amir Peretz connaît bien les règles du jeu politique. S’il ne veut pas faire partie du gouvernement, il sait qu’il n’est pas difficile de trouver le numéro du fax du bureau du Premier ministre et d’envoyer sa lettre de démission. Je sais qu’en ce moment, survivre politiquement jusqu’aux prochaines électorales est ce qui importe à Amir, et apparemment, il cherche sa voie dans un autre cadre politique. Mais l’opinion publique israélienne n’est pas stupide, et elle sait faire la distinction entre un populisme bon marché et des manœuvres de survie politique, d’un côté, et de véritables positions idéologiques, de l’autre. »