Des organisations humanitaires palestiniennes et israéliennes ont écrit dimanche une pétition à la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton lui demandant d’agir « urgemment » au sujet de 125 prisonniers palestiniens grévistes de la faim.

Cette lettre a été envoyée au moment où le nombre total de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes faisant une grève de la faim atteint 290 dont 70 hospitalisés, selon la porte-parole des services pénitentiaires israéliens.

Parmi les 290 grévistes, 125 refusent de s’alimenter depuis plus de cinq semaines, ayant entamé cette grève le 24 avril dernier, selon une ONG palestinienne.

Ce mouvement a été lancé il y a cinq semaines pour demander la fin du régime de détention administrative, c’est-à-dire sans inculpation ni procès.

« Nous voulons attirer votre attention sur le sort de 125 prisonniers palestiniens et demandons votre intervention urgente », affirme la lettre signée par 17 groupes militant pour les droits de l’Homme et par le ministre palestinien chargé des Prisonniers.

Des manifestations et rassemblements en faveur des prisonniers ont eu lieu la semaine dernière à Ramallah et Gaza devant le siège de l’ONU et de la Croix-Rouge.

En 2012, quelque 1 600 à 2 000 détenus palestiniens avaient observé une grève de la faim qui s’était conclue la 14 mai par un accord avec l’administration pénitentiaire.

L’une de leurs principales revendications était la libération des détenus à l’issue de leur période de détention administrative, à moins que de nouvelles charges ne soient formulées.

Près de 5.000 Palestiniens sont incarcérés dans les prisons israéliennes, la plupart pour des motifs de sécurité, dont quelque 200 en détention administrative.

Cette disposition controversée héritée du mandat britannique sur la Palestine permet de détenir des suspects sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

Israël y recourt notamment pour garder secrets les dossiers des suspects et protéger son réseau d’informateurs, considérés comme des « collaborateurs » par les Palestiniens.

Un projet d’amendement à la Loi fondamentale qui pourrait empêcher l’amnistie de Palestiniens emprisonnés pour avoir tué des Israéliens et devait être voté dimanche au Conseil des ministres n’a pas été mis au vote, à la demande du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.