La dégradation de la stèle commémorative d’Ilan Halimi, jeune juif torturé à mort en 2006, est une « insulte » à « la République toute entière », a condamné Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale, indiquant s’être rendu mercredi matin devant la nouvelle plaque installée à Bagneux (Hauts-de-Seine).

« Colère, indignation, dégoût même, tristesse… voilà ce que m’inspire cette nouvelle dégradation de la stèle érigée à la mémoire d’Ilan Halimi », a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement, en réponse à la députée LREM des Hauts-de-Seine Laurianne Rossi.

« Avec ce vandalisme brutal, avec ces inscriptions odieuses, une nouvelle fois on insulte la mémoire d’un jeune Français sauvagement torturé et assassiné. On insulte sa famille, à laquelle je pense aujourd’hui, on insulte ses proches, ses amis, on vous insulte madame la députée, on m’insulte, on insulte tous les représentants de la Nation, on insulte la République toute entière », a affirmé M. Philippe.

Le Premier ministre a salué la décision de la maire PCF de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, de « systématiquement reposer cette stèle, de ne rien céder et d’être toujours présent pour dire que ces insultes n’auront jamais le dernier mot ».

« Ce (mercredi) matin même (…) nous avons pu pendant un instant nous recueillir sur la stèle d’Ilan Halimi », a-t-il indiqué à propos d’un déplacement qui ne figurait pas à son agenda officiel.

Une personne pose une rose blanche sur la nouvelle plaque en hommage à Ilan Halimi le 7 novembre 2017 à Bagneux, près de Paris, après une profanation de la plaque commémorative qui a eu lieu le 1er novembre. (Crédit : AFP / Thomas SAMSON)

La plaque d’hommage à Ilan Halimi avait été installée en 2011, cinq ans après sa mort, dans la ville où il avait été séquestré, torturé et tué par le « gang des barbares », un groupe persuadé de pouvoir obtenir une rançon de sa famille juive.

Elle avait déjà dû été remplacée une première fois en 2015 après avoir été brisée. Elle l’a été à nouveau mardi, une semaine après sa dégradation par des inscriptions antisémites et des insultes, découverte le jour de la Toussaint.

Edouard Philippe a souligné que le nombre des actes antisémites en France était « en diminution depuis ces deux ou trois dernières années », rendant hommage à « l’action résolue de tous les acteurs publics », mais aussi à la « grande résolution sur ce sujet » de l’ancien Premier ministre Manuel Valls.

« Cette diminution est également à porter à son crédit », a-t-il salué.

« Même en diminution, ces actes restent trop nombreux. Et s’il n’en restait qu’un, il serait inacceptable lui aussi. Nous devons donc en permanence lutter », a-t-il poursuivi, rappelant avoir annoncé début octobre un nouveau plan pluriannuel de lutte contre l’antisémitisme pour 2018.

Manuel Valls pendant la commémoration des victimes de l’Hyper Cacher, à Paris, le 9 janvier 2017. (Crédit : Brett Kline/Times of Israël)