Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi l’activation du numéro vert dans le cadre de son plan de lutte contre les filières djihadistes, sujet dont il s’est entretenu dans la journée avec des homologues européens à Londres.

Cazeneuve avait présenté la semaine dernière les grandes lignes d’un plan de lutte contre les filières djihadistes vers la Syrie comprenant la mise en place d’un numéro vert pour signaler des candidats au départ, la privation de passeport pour les djihadistes, la création d’un dispositif de réinsertion individualisée, etc.

Le numéro vert, le 0 800 005 696, « a été activé mardi », a déclaré le ministre sur France 2. Son objectif est « qu’un dispositif soit mobilisé » pour « éviter qu’un départ se produise quand des familles sentent » que l’un des leurs est « en train de basculer ».

« C’est un problème européen », a déclaré Cazeneuve, qui s’est rendu dans l’après-midi à Londres pour une rencontre avec ses homologues britannique, belge et allemand.

Le « sens de la réunion de Londres a été de discuter ensemble, pour aller plus loin dans le démantèlement de ces filières » djihadistes, a-t-il expliqué dans la soirée lors d’une conférence de presse donnée à l’ambassade de France.

Cette réunion « d’échange d’expériences » a notamment permis de constater que « le basculement des ressortissants (européens) ne se fait pas au contact de la fréquentation de l’islam radical dans les mosquées », a-t-il dit.

Cazeneuve a salué l’efficacité des Britanniques qui diffusent des « contre-messages » avec « des témoignages très sincères de jeunes qui sont revenus ». « Cela va nous inspirer », a-t-il souligné.

Cette réunion avait aussi pour objet de « préparer celle du 8 mai à Bruxelles. Nous devons renforcer la coopération entre les pays de l’UE mais aussi avec le Maroc, la Jordanie, la Tunisie ou encore la Turquie », a-t-il insisté.

Quelques heures tôt, devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le ministre avait chiffré à 285 le nombre actuel de Français engagés sur les théâtres d’opérations en Syrie, soit « une hausse de 75 % ces six derniers mois et comparable à celle des ressortissants d’autres pays européens ».

120 « seraient en transit vers la Syrie, 25 ont été tués lors des combats et une centaine seraient revenus en France après avoir combattu », a-t-il ajouté. 116 femmes et une trentaine de mineurs sont également concernés par ces filières.