Un ministre du gouvernement issu du parti HaBayit HaYehudi a menacé samedi de quitter la coalition suite à des informations selon lesquelles l’administration Trump serait prête à reconnaître un état Palestinien comme élément central d’un accord de paix, qui aurait été accepté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Tkuma ne restera pas dans un gouvernement qui reconnaît un état palestinien », a commenté le ministre de l’Agriculture Uri Ariel dans une déclaration suite au reportage diffusé par la chaîne Hadashot (ancienne Deuxième chaîne) consacré au plan de paix. Il se référait à la faction dont il est à la tête au sein du parti nationaliste HaBayit HeYehudi.

La coalition au pouvoir possède une étroite majorité de 66 députés sur 120, ce qui entraîne une vulnérabilité gouvernementale face aux éventuelles menaces de ses partenaires. Toutefois, si Tkuma, qui n’est constituée que d’Ariel et du député Bezalel Smotrich, devait quitter la coalition, cela n’entraînerait pas la mise en minorité du gouvernement ni la nécessité de nouvelles élections.

Mais Ariel a ajouté que lui et Smotrich ne seraient pas seuls au sein de la coalition et qu’ils seraient rejoints par d’autres législateurs prêts à renverser le gouvernement si ces informations étaient vraies.

« Il y a également des membres de la Knesset au Likud et au sein de HabaYit HaYehudi qui ont établi clairement qu’ils n’accepteront pas de transférer des bandes de terres à l’Autorité palestinienne », a-t-il dit.

En tant que co-présidents du groupe de lobby de la Knesset pour la Terre d’Israël, Smotrich et Yoav Kisch, du Likud, se sont faits l’écho des paroles d’Ariel, affirmant dans une déclaration que « quelles que soient les circonstances, nous n’accepterons jamais l’établissement d’un état palestinien sur cette rive du Jourdain ».

« Un plan diplomatique dans l’esprit des nouveaux accords d’Oslo sera reçu avec une forte opposition, » ont-ils ajouté.

Le député de HaBayit HaYehudi, Bezalel Smotrich, à droite, s’entretient avec Yoav Kisch, du Likud, durant une session plénière à la Knesset, le 13 novembre 2017

Le reportage en question précise qu’en plus de la reconnaissance d’un état palestinien, les Etats-Unis n’insisteraient pas sur l’évacuation d’implantations ou de leurs habitants selon les termes d’un accord permanent et que Washington soutiendra la majorité des demandes sécuritaires d’Israël en ce qui concerne la Cisjordanie.

Netanyahu aurait eu connaissance du plan et y aurait offert son approbation tacite.

Citant des responsables israéliens présumés qui seraient fortement impliqués dans les discussions en cours avec l’équipe de Trump, les informations précisent que, dans le plan de paix américain, le président Donald Trump se préparerait à reconnaître un état palestinien, avec des échanges de terres. Les frontières, toutefois, ne se baseraient pas « nécessairement » sur les lignes pré-1967.

Les états arabes sunnites et d’autres offriraient par ailleurs des centaines de millions de dollars d’aide économique aux Palestiniens selon les termes du plan pour aider à encourager le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à l’accepter.

Les Etats-Unis reconnaîtraient la majorité des besoins sécuritaires établis d’Israël, notamment la présence continue des forces israéliennes le long des frontières avec la Jordanie, a ajouté le reportage diffusé à la télévision. Il a expliqué que Netanyahu, pour sa part, insistait sur le maintien du contrôle israélien sécuritaire global sur tout le territoire palestinien.

Aucun habitant d’implantation – ni aucune de ces dernières – ne seraient évacués sous les termes de la proposition américaine, a poursuivi le reportage, notant également qu’aucun Arabe ne serait appelé non plus à se ré-établir.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump lors d’une conférence de presse avant leur entretien à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 septembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Un responsable de la Maison Blanche contacté par le Times of Israël a toutefois rejeté ces informations transmises, disant qu’elles ne « sont pas une représentation précise » du plan de paix actuellement en cours d’élaboration.

« Il y a des spéculations et des hypothèses constantes au sujet de ce sur quoi nous travaillons et c’est le cas également pour ce reportage », a fait savoir le responsable. « Ce n’est pas une représentation précise, il s’agit plutôt d’un mélange de possibilités et d’idées qui existent depuis des décennies ».

« Ce que nous pouvons dire, c’est que nous sommes engagés dans un dialogue productif avec toutes les parties concernées et que nous avons opté pour une approche différente de celle dans le passé et ce, pour créer un accord de paix durable », a expliqué le responsable au Times of Israël.

« Nous n’allons pas placer de date-butoir artificielle sur quoi que ce soit et nous n’avons aucun autre plan imminent que celui de continuer nos conversations. Comme nous l’avons toujours dit, notre mission est de faciliter un accord qui fonctionnera pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, pas de leur imposer quelque chose ».

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a établi de manière similaire que « le reportage n’est pas juste ». Il a fait savoir que la réponse apportée par Netanyahu à la proposition américaine dépendrait de son contenu et spécifiquement de son respect des « besoins sécuritaires et nationaux de l’Etat d’Israël ».

La proposition devrait être présentée dans les mois qui viennent, mais pas le mois prochain, a fait savoir le reportage. Elle ne prendra pas en compte la question de la relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem, ou celle de la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.