La guerre en Syrie, refuge des combattants islamistes souhaitant participer au djihad, a attiré au moins 2.100 Occidentaux, selon un rapport publié cette semaine.

Le centre Meir Amit Intelligence and Terrorism Information, une organisation de la société civile dirigée par d’anciens officiers des renseignements israéliens, note une nette augmentation des recrues occidentales dans la deuxième moitié de 2013.

Il souligne aussi que le profil des combattants, en majorité de jeunes hommes européens, renforce la probabilité d’une importation de la guerre religieuse dans leur pays d’origine.

« Les combattants étrangers dans les rangs du Front al-Nosra et de l’Etat islamique [en Irak et au Levant] représentent une menace potentielle à la sécurité internationale », écrivent les auteurs.

Certains retourneront dans leur pays et « continueront leurs activités terroristes et subversives » de leur propre chef ; certains « pourraient être pris en charge par al-Qaïda… qui tirera profit des relations personnelles nouées en Syrie » ; et d’autres, tels que les vétérans d’Afghanistan, pourraient propager le terrorisme au niveau international, en voyageant avec un passeport européen moins susceptible d’éveiller les soupçons.

Les auteurs évaluent le nombre total de combattants étrangers entre     6 000 et 7 000 avec environ 4 500 combattants originaires de Jordanie, d’Arabie Saoudite, d’Egypte et de Libye, des Etats majoritairement sunnites.

Ils estiment qu’une quinzaine d’Arabes israéliens sont engagés dans le conflit et que, même si le nombre de Palestiniens est faible, le départ depuis Gaza a « nettement augmenté » au cours des derniers mois.

Selon les auteurs, les combattants Arabes israéliens « vétérans de la guerre en Syrie pourraient être jugés pour espionnage, subversion et terrorisme » s’ils parvenaient à masquer leurs activités lors de leur retour en Israël.

Les Palestiniens de la bande de Gaza « pourraient mettre en danger à la fois l’administration de facto du Hamas et l’Egypte » et, si leur objectif initial de prendre le contrôle de la Syrie est atteint, ils « pourraient renforcer les capacités opérationnelles des réseaux terroristes affiliés à al Qaïda le long des frontières d’Israël. »

La majorité des combattants occidentaux en Syrie sont européens. Les auteurs classent le Royaume Uni en tête des pays envoyant des recrues, avec 200 à 350 ressortissants britanniques qui combattent en Syrie.

Royaume Uni, en tête des pays qui envoie des recrues sur le sol syrien

La Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne sont supposés avoir fourni plus de 200 recrues chacun, essentiellement de « jeunes hommes appartenant à la deuxième, voire à la troisième génération d’immigration musulmane », particulièrement en provenance du Pakistan et du Maroc, selon les auteurs du rapport.

La semaine dernière, le directeur du renseignement national américain James Clapper, a déclaré au comité de renseignement du Sénat que des groupes liés à al Qaïda poussaient des combattants à « retourner dans leurs pays », selon un rapport récent d’AP et qu’ils « aspirent à mener des attaques dans leur pays d’origine. »

La sénatrice Dianne Feinstein a ajouté que la Syrie pourrait devenir « la rampe de lancement ou le point de passage des terroristes cherchant à attaquer les Etats-Unis. »

Le centre du renseignement israélien, s’appuyant sur des sources publiques, estime le nombre de ressortissants américains à « plus de 70 » et écrit que la nette augmentation en 2013 (ils étaient entre 12 et 15 en début d’année) est « significative, selon nous, de l’augmentation majeure du nombre de volontaires durant la seconde moitié de 2013 (et peut-être au renforcement de l’importance que les responsables de la sécurité et des renseignements accordent au phénomène)

Qualifiant la question des combattants étrangers de « problème global commun à l’Occident, Israël et le monde arabo-musulman », les auteurs écrivent que les agences internationales n’ont pour le moment pas développé de méthode efficace pour surveiller, empêcher et punir les volontaires.

« Le retour des combattants étrangers est une bombe à retardement », écrivent-ils, « qui ne peut être désamorcé que grâce à la coopération internationale et des programmes communs de neutralisation du potentiel terroriste et subversif. »