Des officiels israéliens annonceront jeudi l’approbation de 906 logements d’implantation en Cisjordanie, constituant la première annonce de l’expansion d’implantation par le gouvernement israélien en plus d’un an.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a approuvé les permis de construction après que la Cour Suprême ait statué que plusieurs bâtiments dans l’implantation Beit El soient illégaux et ait donc ordonné leur démolition, selon des informations de Ynet et Haaretz.

L’Administration civile israélienne en Cisjordanie inclura dans son annonce l’approbation de 296 logements à Beit El, qui se situe à quelques kilomètres au nord de Ramallah, la siège du gouvernement palestinien.

Les nouveaux logements seront construits sur une base de la Police aux frontières qui doit bientôt être évacuée. La construction est une compensation pour l’acceptation de Beit El de retirer cinq immeubles qu’il possédait auparavant sur un territoire palestinien privé.

D’autres constructions auront lieu à Ma’aleh Adumin (112 nouveaux logements) et Givat Zeev (381). Les deux implantations sont à moins de 10 kilomètres de Jérusaleme et considérées dans les principaux blocs d’implantation qu’Israël cherchera à conserver dans tout futur accord avec les Palestiniens.

Alors que tous les sites sont considérés comme illégaux sous la loi internationale, l’annonce marque aussi l’approbation de sites qui étaient auparavant considérés comme illégaux par la loi israélienne, y compris l’implantation de Psagot, avec ses 24 immeubles actuellement considérés illégaux qui seront bientôt approuvés rétroactivement.

L’ordre annoncé a rapidement été condamné par les critiques comme destructeur du processus de paix avec les Palestiniens et néfaste pour la position d’Israël dans la communauté internationale.

« Le gouvernement Netanyahu est le gouvernement des habitants des implantations », a déclaré au Times of Israel Hagit Ofran, qui dirige le programme de surveillance des implantations pour l’organisation de gauche La Paix Maintenant. « Approuver des plans pour ces implantations isolées est un message clair que le gouvernement ne vise pas la paix mais détruit la possibilité d’une solution à deux États ».

La décision est d’autant plus déconcertante, a ajouté Ofran, « au moment où le monde est préoccupé par les politiques israéliennes envers les Palestiniens dans la zone C et le gouvernment continue d’approuver un plan pour promouvoir la création d’implantations ».

Elle faisait référence au plan israélien de se débarrasser du village palestinien de Susya dans une zone du sud de la Cisjordanie sous contrôle civil israélien, malgré les critiques intérieurs et internationales.

Des membres du mouvement d’implantations ont célébré la nouvelle. Miri Maoz-Ovadia, la porte-parole pour le Conseil régional Binyamin dans le centre de la Cisjordanie a cité la croissance naturelle des implantations comme un besoin d’expansion.

« La population juive en Judée et en Samarie représente pres d’un million de personnes vivant ici, des familles, d’enfants déjà de la deuxième, troisième et quatrième génération, a-t-elle déclaré au Times of Israel en employant le terme biblique pour la Cisjordanie. N’importe quel gel dans la construction et le développement étouffe les gens vivant ici ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a subi la pression, au cours des récentes semaines, des dirigeants d’implantation et des membres du parti HaBayit HaYehudi sur des commentaires que « les implantations ne peuvent plus être développés et nous devons préserver ce qui existe », ce qui a été interprété comme un signe qu’il n’approuverait plus la construction en dehors des blocs d’implantations déjà existants.

Des députés de HaBayit HaYehudi ont menacé Netanyahu et d’autres dirigeants du Likud qu’ils pourraient arrêter de soutenir le gouvernement de la coalition au pouvoir dont ils font partie, mettant ainsi en danger la coalition déjà fragile avec ses 61 sièges.

En réponse, le Likud a publié une déclaration niant tout ralentissement ou gel non officiel des implantations. L’annonce de jeudi vient trois jours après que la déclaration ait été publiée. Le bureau de Yaalon n’a pas répondu à notre demande de commentaire.