Les chercheurs de l’université Ben-Gurion du Negev (BGU) et de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign (UIUC) ont annoncé avoir développé de nouvelles membranes d’ultra-filtration qui améliorent considérablement le processus d’élimination des virus des eaux usées municipales qui sont traitées pour ensuite être distribuées en zone urbaine.

Les méthodes actuelles de filtration à la membrane nécessitent l’utilisation de beaucoup d’énergie pour éliminer de manière adéquate les virus pathogènes sans utiliser de produits chimiques comme le chlore, qui peut contaminer l’eau avec des sous-produits de désinfection.

Le norovirus, par exemple, qui peut causer des nausées, des vomissements et de la diarrhée, est la cause la plus fréquente de la gastro-entérite virale chez l’homme et serait la deuxième cause de mortalité associée à la gastro-entérite. Les adénovirus humains peuvent être à l’origine d’un large éventail de maladies qui comprennent le rhume, les maux de gorge, la bronchite, la pneumonie, la diarrhée, la conjonctivite, la fièvre, l’inflammation ou des infections de la vessie, l’inflammation de l’estomac et des intestins et les maladies neurologiques, ont indiqué les chercheurs, le professeur Moshe Herzberg de BGU et le professeur Nguyen Thanh H. Nguyen de l’UIUC dans un communiqué.

« C’est une question urgente dans le domaine de la sécurité publique », ont affirmé Herzberg et Nguyen.

« Une élimination insuffisante de l’adénovirus humain dans les eaux usées municipales, par exemple, a été détectée comme étant une source de contamination dans les sources d’eau potable des États-Unis, y compris les Grands Lacs, et dans le monde entier ».

Dans l’étude, Herzberg, du département de Dessalement et de Traitement de l’eau de l’institut Zuckerberg pour la recherche sur l’eau de BGU, et son équipe ont intégré un revêtement spécial d’hydrogel sur une membrane d’ultrafiltration commerciale.

L’hydrogel en polymère zwitterionique, comme on l’appelle, repousse les virus et ne permet pas de l’approcher ou de passer à travers la membrane. Il contient des charges positives et négatives et améliore l’efficacité en affaiblissant l’accumulation de virus sur la surface filtrante modifiée. Le résultat a été un taux significativement plus élevé d’élimination des virus dans l’eau, y compris le norovirus et l’adénovirus humains », ont déclaré les chercheurs.

« L’utilisation d’une simple polymérisation par greffe de membranes commercialisées pour rendre l’élimination du virus plus complète est une évolution prometteuse pour contrôler la filtration des agents pathogènes dans la réutilisation de l’eau potable », a déclaré Nguyen.

Les conclusions de la recherche ont été publiées dans le dernier numéro de Water Research.

Le projet a été soutenu par l’agence de Protection de l’environnement des États-Unis et le programme de Coopération en matière de technologie de l’eau germano-israélien, financé par le ministère de la Science et de la Technologie d’Israël et le ministère fédéral de l’Education et de la Recherche en Allemagne.