Plusieurs pays arabes se disent peu satisfaits de la réponse de l’Inde suite à la déclaration de Trump
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Plusieurs pays arabes se disent peu satisfaits de la réponse de l’Inde suite à la déclaration de Trump

Des diplomates saoudiens, égyptiens et de d’autres pays arabes ont demandé à New Delhi de s'exprimer avec force contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale israélienne, mais il est peu probable que leur demande soit acceptée

Des musulmans indiens participent à un rassemblement à New Delhi le 17 décembre 2017 à la suite de la décision du président américain Donald Trump de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale israélienne (AFP / Sajjad Hussain)
Des musulmans indiens participent à un rassemblement à New Delhi le 17 décembre 2017 à la suite de la décision du président américain Donald Trump de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale israélienne (AFP / Sajjad Hussain)

Les pays arabes ont exhorté l’Inde à condamner fermement la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump, après que New Delhi a très peu réagi à cette décision, ont rapporté les médias indiens. Ainsi, ce manque de réaction de l’Inde est considéré comme un signe pro-israélien de plus.

Une douzaine d’ambassadeurs et diplomates arabes ont rencontré la semaine dernière à New Delhi des responsables indiens, et notamment le ministre d’Etat aux Affaires extérieures, MJ Akbar. Ils leur ont exhorté de faire savoir que l’Inde s’opposait à cette reconnaissance, a rapporté l’Indian Express.

Les diplomates étaient originaires de plusieurs pays arabes, et notamment d’Arabie saoudite, du Soudan, d’Algérie, d’Egypte, du Maroc, d’Irak, de Tunisie, des Émirats arabes unis et du Koweït.

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a également envoyé un message par voie diplomatique demandant le soutien de l’Inde dans le rejet palestinien de la position américaine.

Capture d’écran d’une vidéo de MJ Akbar, ministre indien des Affaires extérieures (YouTube)

Selon un ambassadeur arabe qui a participé à la réunion, « la déclaration indienne était décevante car il n’y a pas eu de condamnation de la décision du président américain. Nous avons demandé aux Indiens de s’y opposer fermement. »

Akbar a simplement réitéré la position de l’Inde, comme quoi la politique du pays ne serait pas affectée par la déclaration de Trump. « La position de l’Inde sur la Palestine est indépendante et cohérente. Elle est façonnée par nos points de vue et nos intérêts, et non déterminée par un pays tiers », indique le communiqué.

Dans son discours prononcé le 6 décembre à la Maison Blanche, Trump a, malgré les avertissements de ses homologues étrangers, reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et insisté sur le fait que, après plusieurs années d’échec, une nouvelle approche était impérative afin de régler le conflit. Il a expliqué que sa décision de reconnaître Jérusalem comme siège du gouvernement d’Israël se basait simplement sur la réalité.

La décision de Trump a été saluée par Netanyahu et par les dirigeants d’une grande partie du spectre politique israélien.

Trump a néanmoins souligné qu’il ne souhaitait pas spécifier les limites de la souveraineté israélienne dans la ville et a appelé à ne pas changer le statu quo concernant les lieux saints. Cependant, la déclaration a engendré la colère des Palestiniens et déclenché des manifestations dans de nombreux pays arabes et régions musulmanes.

Le président américain Donald Trump lors de sa déclaration sur Jérusalem depuis la salle de réception diplomatique de la Maison-Blanche à Washington le 6 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Ainsi, dans les jours qui ont suivi la reconnaissance de Jérusalem, des centaines de musulmans ont manifesté dans le Cachemire, région sous contrôle indien. Les manifestants ont défilé sur plusieurs points dans la ville principale de Srinagar et dans d’autres zones de la région après les prières du vendredi, scandant « A bas l’Amérique » et « A bas Israël ». Dans certaines manifestations, les protestants ont également brûlé des drapeaux américains et israéliens.

Malgré les liens étroits de l’Inde avec Israël au cours de ces deux dernières décennies, New Delhi est traditionnellement pro-palestinienne, ceci en raison de ses liens historiques avec le Mouvement des non-alignés et de sa large population musulmane. Cependant, sa position a commencé à évoluer ces dernières années, principalement depuis l’élection du Premier ministre Narendra Modi et l’accession au pouvoir de son parti nationaliste hindou BJP.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et son homologue indien Narendra Modi visitent l’usine de dessalement de l’eau de la plage d’Olga le 6 juillet 2017 (Kobi Gideon / GPO / Flash90)

Netanyahu doit se rendre en Inde en janvier, suite à la visite officielle de Modi en Israël en juillet. S’il a passé trois jours à visiter le pays avec Netanyahu, il ne s’est pas rendu à Ramallah, siège du gouvernement de l’Autorité palestinienne. Il s’agissait de la première visite en Israël d’un Premier ministre indien.

Abbas s’est rendu à New Delhi en mai dernier afin de rencontrer Modi et de discuter de la coopération et du renforcement des liens entre l’Inde et l’Autorité palestinienne.

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