Le maire de Haïfa, principal centre portuaire et industriel d’Israël, a crié victoire mardi à l’issue d’un bras de fer exceptionnel avec la pétrochimie locale, accusée d’être la principale cause d’une pollution aux effets dévastateurs pour la santé.

Le maire, Yona Yahav, dit avoir obtenu ce qu’il recherchait sous la forme d’un communiqué du ministère de la Santé reconnaissant que les cas de cancer du poumon étaient plus nombreux dans la région de Haïfa qu’ailleurs dans le pays chez les adultes.

L’impact sanitaire de la pollution, qui affecte la baie de Haïfa, où se trouvent la plus importante raffinerie de pétrole d’Israël et d’autres industries chimiques, est une préoccupation de longue date.

Mais la controverse a rebondi la semaine passée avec la publication dans la presse d’un document accablant rédigé par un responsable du ministère de la Santé.

Selon ce document couvrant la période de 1998 à 2007, le risque de contracter un cancer est 16 % plus élevé dans la baie de Haïfa qu’ailleurs en Israël. Il s’élève à 29 % en ce qui concerne le cancer des poumons. Sur les 60 cas de cancer chez des enfants de moins de 14 ans, 30 peuvent être attribués à la pollution, ajoute le document.

Les données relatives aux enfants en particulier ont causé un très vif émoi. Le maire de Haïfa a engagé l’épreuve de force avec l’industrie locale dimanche en révoquant les autorisations de cinq sociétés, dont la raffinerie ORL, employant des centaines de personnes.

Il a envoyé les camions de la municipalité en bloquer les accès et exigé une prise de position du ministère de la Santé.

Celle-ci est venue mardi sous la forme d’un communiqué confirmant qu’il y avait plus de cancers chez les adultes, en particulier du poumon, à Haïfa qu’ailleurs.

« En revanche, il n’existe pas de preuves qu’il y ait une plus forte mortalité chez les enfants », a dit le ministère sans citer de chiffre précis.

Les initiatives du maire ont été décriées par ses adversaires et par des défenseurs de l’environnement comme une manœuvre politicienne destinée à faire oublier sa propre passivité.