L’Université polonaise de Wroclaw a décidé de rétablir symboliquement les doctorats dont avaient été privés par l’Allemagne nazie 262 universitaires de cette ville, ancienne Breslau allemande, a-t-on appris lundi auprès de l’établissement.

Une cérémonie, parrainée par les universités de Cologne et de Wroclaw, doit réunir le 22 janvier dans cette dernière ville des universitaires allemands et polonais, ainsi que des proches d’enseignants réprimés par le IIIe Reich dans les années 1930 pour leur opposition au régime nazi, a précisé à l’AFP le porte-parole de l’Université de Wroclaw, Jacek Przygodzki.

« Il s’agit d’un geste symbolique, car une restitution formelle d’un titre scientifique de l’Université de Breslau n’est pas possible, puisque cette université n’existe plus et n’a pas eu d’héritier », a-t-il déclaré à l’AFP.

Mais l’Université de Wroclaw et l’Université de Cologne, qui avait pris en charge les étudiants et les enseignants de Breslau quand cette ville était devenue polonaise à la fin de la guerre en 1945, « ont préparé une déclaration conjointe condamnant les décisions du régime nazi », a-t-il ajouté, en précisant que cette déclaration serait lue lors de la cérémonie du 22 janvier.

La plupart des universitaires stigmatisés par le régime nazi étaient juifs mais il y a eu aussi parmi eux des non-juifs, a indiqué M. Przygodzki.

« Une université doit être libre de toute idéologie. Nous voulons le souligner en dénonçant les tentatives des régimes totalitaires de soumettre les universités à une idéologie, qu’elle soit nazie, communiste ou autre », a-t-il expliqué.