Le ministère français de l’Intérieur étudie la possibilité d’une dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ), un groupe de militants radicaux impliqués dans de récents affrontements avec des manifestants propalestiniens.

L’information a été révélée par le quotidien français Libération, peu avant l’organisation jeudi à Paris d’un « grand rassemblement » de soutien à Israël, engagé depuis plus de trois semaines dans un conflit meurtrier avec le Hamas palestinien.

« Nous procédons à l’analyse juridique la plus fine possible dans le respect du droit », a confirmé à l’AFP une source proche du dossier.

La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait jugé cette organisation « dans l’excès », « dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés ».

La LDJ est sous le feu des critiques depuis que certains de ses membres se sont violemment affrontés avec des militants propalestiniens le 13 juillet, près d’une synagogue à Paris. Le groupe vient aux abords des synagogues pour en renforcer la protection.

Plusieurs actes antisémites ont émaillé des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien ces derniers jours à Paris et en banlieue parisienne.

La LDJ se défend de tout acte illégal en France bien qu’elle s’inspire de la Jewish Defense League, qualifiée de « groupe terroriste » par le FBI en 2001 et qu’elle arbore l’emblème (un poing brandi dans une étoile de David noire sur fond jaune) d’un parti nationaliste religieux interdit en Israël, le Kach.

Des voix s’étaient élevées ces derniers jours pour demander sa dissolution, notamment au parti communiste et au front de gauche, mais aussi de l’Observatoire national contre l’islamophobie, une composante du Conseil français du culte musulman (CFCM) vent debout contre « une association extrémiste, raciste et qui pratique la violence ».

Les agissements de la LDJ provoquent un certain embarras parmi les responsables de la première communauté juive d’Europe (5 à 600 000 membres), qui assurent ne pas réclamer sa présence devant les synagogues.

Le président du Conseil des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a déclaré jeudi n’entretenir aucune relation avec la LDJ.

« Nous ne partageons ni leur idéologie ni leurs méthodes », a déclaré sur la radio RMC le président de l’organe de représentation politique de la communauté juive. « C’est une minuscule organisation, d’après ce que je sais, composée de quelques dizaines de membres seulement », a-t-il indiqué.

Roger Cukierman s’est étonné que certaines organisations propalestiniennes ne soient pas visées par une éventuelle interdiction.

« Il y a eu des organisations propalestiniennes qui ont commis des violences contre huit synagogues dans la région parisienne récemment », a fait valoir Roger Cukierman. « Est-ce qu’il y a eu des organisations propalestiniennes qui ont également été interdites ? Je n’en ai pas entendu parler, je trouve que c’est un peu surprenant ».