Le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a déclaré jeudi que les constructions continues en Cisjordanie mettent en péril la possibilité d’une solution à deux états entre Israël et les Palestiniens et qu’elles pourraient entraîner une guerre au Moyen-Orient, rapporte Reuters.

« Nous nous inquiétons qu’une construction sans limite des implantations… ne rende impossible une solution à deux états et ne vienne augmente le risque de conflit au Moyen-Orient, dont une potentielle guerre », a déclaré Sigmar Gabriel au cours d’une conférence de presse lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 organisée à Bonn.

Même si l’Allemagne est l’un des alliés les plus forts d’Israël, le pays a adopté un positionnement plus critique de l’Etat juif récemment, et en particulier en ce qui concerne la politique israélienne d’implantations.

Lundi, le quotidien Haaretz a fait savoir que l’Allemagne avait reporté un sommet prévu à Jérusalem entre les cabinets israélien et allemand en raison du mécontentement d’Angela Merkel face à la loi adoptée la semaine dernière à la Knesset, qui légalise les avant-postes d’implantations construits sur des terres privées palestiniennes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a alors fait savoir que de nombreux Allemands « qui se placent du côté d’Israël dans un esprit de réelle solidarité, sont déçus » par l’adoption de cette loi.

Le gouvernement de Netanyahu a également annoncé la construction de 6 000 nouvelles habitations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis l’investiture du président américain Donald Trump au mois de janvier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse commune à Berlin; le 21 octobre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse commune à Berlin; le 21 octobre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)

“La confiance que nous avions dans l’engagement du gouvernement israélien envers une solution à deux états a été profondément ébranlée”, a fait savoir un communiqué émis à ce moment-là.

Jeudi, Gabriel a également indiqué que la Loi de Régulation paraissait particulièrement problématique aux yeux de l’Allemagne au cours de la conférence de presse. Merkel n’a pas encore fait de commentaires publics sur cette législation.

Les propos de Gabriel sont survenus alors que le président américain Donald Trump a semblé lui-même apporter un bémol dans l’engagement américain de longue date envers une solution à deux états.

Durant une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, mercredi, il a déclaré : « Je m’intéresse à une solution à deux états et à une solution à un état, et j’apprécierai celle qui sera favorisée par les deux parties ».

Le discours de Trump semble marquer un changement dans la politique américaine, le soutien pour une solution à deux états ayant bénéficié d’un solide appui bipartisan dans le pays. Elle emporte également l’adhésion d’une vaste majorité de la communauté internationale.

Malgré ses discours, Trump a appelé Israël à limiter ses constructions continues lors de la conférence de presse de mercredi, disant à Netanyahu : « J’aimerais que vous fassiez preuve d’un peu de retenue dans les implantations ».

En plus de l’Allemagne, un certain nombre de pays ont cherché à répéter leur soutien à une solution à deux états suite au discours de Trump.

Le Royaume Uni, la France et la Suède ont tous trois réaffirmé leur adhésion à la création d’un état palestinien dans un accord de paix final lors d’une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU jeudi, au cours de laquelle l’ambassadeur américain aux Nations Unies, Nikki Haley, a également déclaré que les Etats Unis soutiennent « absolument » une solution à deux états.