Le rabbin de Donetsk (est de l’Ukraine) a qualifié jeudi de « provocation » la distribution de tracts obligeant les juifs à s’enregistrer en tant que tels en estimant que l’incident qui a provoqué un tollé aux Etats-Unis était « clos ».

Les tracts signés par Denis Pouchiline, « gouverneur populaire » autoproclamé de Donetsk en proie à une insurrection pro-russe ont été distribués mardi près de la synagogue par des inconnus qui ont disparu avant l’arrivée des policiers, précise la communauté juive de Donetsk dans un communiqué sur leur site internet.

« Cela sent une provocation. Nous ne savons pas qui est derrière. Mais c’est une provocation, on la considère comme telle. Le sujet est clos », a commenté le rabbin Pinkhas Vychedski cité dans le communiqué.

Le rabbin a assuré que M. Pouchiline avait démenti être impliqué dans cette affaire et que c’était un signe « positif ».

Le texte du tract oblige les juifs à s’enregistrer comme tels auprès des autorités séparatistes autoproclamées de la région sous peine de déportation ou de voir leurs biens confisqués.

L’incident rapportés dans les médias israéliens et américains a provoqué un tollé et le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est insurgé jeudi contre cette pratique lors d’une conférence de presse à Genève au terme d’une réunion avec la Russie, l’Ukraine et l’UE qui avait pour objectif de faire baisser les tensions en Ukraine.

« C’est non seulement intolérable, c’est grotesque. C’est au-delà de l’inacceptable », a lancé M. Kerry.

Interrogé par l’AFP, l’ambassade américaine à Kiev a indiqué que certains représentants de la communauté juive avaient fait état de leur inquiétude suite à l’apparition de ces tracts.

« D’après les informations dont on dispose, cela paraît venir d’un groupe radical sur le terrain soit pour faire peur soit pour créer une provocation afin de justifier les violences ultérieures », a, pour sa part, indiqué l’ambassadeur américain Geoffrey Pyatt sur la chaîne de télévision CNN.

La Ligue anti-diffamation (ADL), l’une des principales ONG internationales qui lutte contre l’antisémitisme a, elle, émis des doutes sur l’authenticité du tract tout en dénonçant l’instrumentalisation du thème juif en Ukraine.

« Nous condamnons fermement le contenu antisémite du texte et toute tentative d’utiliser l’antisémitisme à des fins politiques », souligne l’ONG.

La Russie a accusé à maintes reprises le nouveau gouvernement ukrainien issu de la contestation antirusse d’être dominé par les « fascistes et antisémites ».