WASHINGTON (JTA) — Citant la récente augmentation des menaces envers les institutions juives, les responsables communautaires ont vivement recommandé au Congrès de maintenir un programme d’assistance sécuritaire en faveur des ONG qui pourraient être menacées par le budget de l’administration du président Donald Trump.

« Le Congrès devrait réfléchir aux moyens de renforcer le programme plutôt que de le démanteler », a expliqué jeudi William Daroff, directeur à Washington des Fédérations juives d’Amérique du nord, lors d’un témoignage apporté devant un sous-comité de la Chambre.

Le Congrès finance actuellement le programme à hauteur de 220 millions de dollars par an. La vaste majorité des fonds a été allouée à des institutions juives depuis le lancement du programme en 2005, offrant de l’argent aux ONG pour moderniser les outils nécessaires à la sécurité, dont des barrières ou des caméras de surveillance.

Le budget de Trump propose d’intégrer les fonds consacrés à la protection des ONG au sein d’un fonds consacré à la sécurité plus large qui sera distribué aux Etats, avec une coupe globale de 667 millions de dollars dans les subventions civiles.

Des groupes comme les Fédérations juives, qui ont fait du lobbying en faveur du programme, s’opposent à un tel changement, disant que les ONG les moins importantes se perdront dans la course à ces fonds. L’ancien président Barack Obama avait également proposé un tel refinancement.

« Garder les programmes séparés et bien cantonnés sert les intérêts du pays », a estimé Daroff.

Les législateurs républicains et l’administration Trump affirment que les candidats aux subventions civiles doivent faire davantage pour justifier leurs besoins.

Dans un entretien, vendredi, Daroff a expliqué qu’il anticipait une résistance vigoureuse aux coupes proposées dans le budget de la part de la communauté juive ainsi que des premiers intervenants que sont les états et les municipalités.

Même si la majorité des fonds va aux institutions juives, les institutions musulmanes ces derniers mois ont également fait part de leur intérêt dans le programme – avec les encouragements des groupes juifs organisés.

« Ces coupes seraient dévastatrices », a indiqué Daroff. « Nous sommes opposés à ces coupes comme à toute consolidation du programme de subvention sécuritaire aux ONG. Cette proposition pourrait être négativement perçue par la première des communauté concernées et par les gouvernements d’états et locaux ».

Daroff, dans son témoignage, a noté la brusque augmentation des menaces ces derniers mois avec, de manière plus notable, une série d’alertes à la bombe par téléphone ou via courriel aux centres communautaires juifs et dans les autres institutions.

« Ces menaces ont atteint des niveaux sans précédent ces derniers mois », a dit Daroff. « Depuis le 1er janvier, au moins 116 institutions juives, dont des centres communautaires, des écoles, des lieux de culte et autres ont été l’objet de plus de 160 alertes à la bombe dans 39 états. Un nombre croissant de cimetières juifs a été profané et des douzaines d’incidents – agressions antisémites, vandalisme, graffitis – ont été rapportés ».

Témoignant également, Michael Feinstein, directeur du centre communautaire juif de Bender dans la banlieue du Maryland de Washington. Il a expliqué que les collectes de fonds faites uniquement au sein des communautés juives ne pourraient fournir les fonds nécessaires pour assurer la sécurité.

« Ces financements sont cruciaux pour nous », a dit Feinstein. « Nous ne pouvons pas collecter autant d’argent par nous-mêmes et ces montants font une différence formidable pour notre centre communautaire comme pour tous les autres ».

Le représentant Lou Barletta, Républicain de Pennsylvanie, qui préside le sous-comité – connu sous le nom de sous-comité chargé du Développement économique, des constructions publiques au sein du comité des Transports et des Infrastructures de la Chambre – a expliqué que tout en comprenant la nécessité de coupes plus larges, lui et d’autres représentants issus des deux parties étaient favorables à l’appel qui vise à préserver le programme de subventions sécuritaires distribuées aux ONG.

Barletta a noté la vague de menaces contre les centres communautaires dans tout le pays.

« C’est du terrorisme national », a-t-il dit « et toute la force de la loi doit s’abattre contre les auteurs ».