Pour le ministre de la Défense Avigdor Liberman, la Conférence sur le Moyen-Orient du 15 janvier sera un « procès contre l’État d’Israël » et l’a comparé à l’Affaire Dreyfus. En 1894, Alfred Dreyfus, un capitaine de l’armée française, juif, avait été accusé à tort de trahison et condamné à l’emprisonnement à perpétuité. Ce procès est considéré comme un élément précurseur de l’antisémitisme des temps modernes.

« C’est une convention qui a pour but de nuire à la sécurité de l’État d’Israël et à sa réputation », a déclaré Liberman à l’ouverture de la réunion de son parti, Yisrael Beytenu à la Knesset.

Les propos du ministre de la Défense s’inscrivent dans le contexte de l’adoption à l’ONU d’une résolution qui condamne les implantation israéliennes, résolution à laquelle les États-Unis n’ont pas opposé de veto. Jérusalem craint que des pressions supplémentaires ne soient exercées sur Israël lors de la conférence à Paris.

Israël a réfusé de participer à la réunion du 15 juillet, et les dirigeants ont insisté que seules des négociations bilatérales conduiront à un accord de paix. Les Palestiniens ont soutenu l’initiative de la France, qui réunira une vingtaines de représentants de pays dans une tentative de doper les efforts pour la paix.

Selon un reportage de la Dixième chaîne dimanche, Netanyahu craint que le Quarter pour le Moyen-Orient – les États-Unis, les Nations unies, la Russie et l’Union européenne – ne coordonne ses positions durant ce sommet, et qu’ils se tourneront ensuite vers le Conseil de Sécurité dans les tous derniers jours de la présidence de Barack Obama.

Liberman a exprimé ces craintes : « C’est une Affaire Dreyfus des temps modernes, à une différence près. Au lieu d’un seul juif, c’est l’État d’Israël qui est sur le banc des accusés »

Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d'Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l'initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu)

Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d’Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l’UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l’initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu).

L’Affaire Dreyfus était un scandale militaire et politique dont les répercussions se sont fait sentir au-delà des frontières de la France, et dans tout le monde juif.

En 1894, les militaires français ont appris qu’un membre de l’armée, haut-gradé, faisait fuiter des secrets militaires à l’armée allemande. Le doigt a été pointé sur Alfred Dreyfus, lieutenant d’artillerie, qui a été condamné, dégradé, et exilé sur l’Île du Diable, un bagne au large des côtes guyanaises.

Emile Zola J'Accuse letter (photo credit: public, Wikimedia commons)

La lettre « J’accuse » d’Emile Zola, publiée en 1898 dans L’Aurore. (Crédit : WikiCommons)

Cette affaire avait été qualifiée d’erreur de justice, notamment dans par Émile Zola et son célèbre « J’accuse », publié en 1898, en une du journal L’Aurore. En 1899, Dreyfus a été gracié par le Président français et relâché, et officiellement réhabilité en 1906.

Theodor Herzl, alors journaliste, avait couvert le procès Dreyfus en tant que correspondant pour un journal, et c’est après avoir entendu la foule scander « Mort aux Juifs », qu’il a écrit son traité du sionisme « L’État juif ».

Depuis le sommet pour la paix en juin à Paris, trois groupes ont été chargés d’étudier des pistes pour accélérer le processus de paix, selon un article paru dans Le Monde.

L’un deux a étudié la question de la construction des institutions nécessaires à l’établissement d’un État palestinien, un second a étudié les avantages économiques que la paix pourrait apporter, et notamment pour l’Union européenne, et le troisième groupe a travaillé sur l’amélioration de la participation de la société civile au processus.

Les propositions des trois groupes seront étudiées pendant le sommet, selon l’article. Paris réfléchit également sur la façon de communiquer ces résultats aux les dirigeants israéliens et palestiniens, en marge du sommet ou en envoyant une délégation à Ramallah et à Jérusalem.

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