Le régime du président syrien Bashar el-Assad ne risque plus d’être renversé et le danger d’une division de la Syrie est passé, a assuré le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah dans une interview publiée lundi.

« A mon avis, la phase de renversement du régime ou de l’Etat est finie » et « je pense que le danger de division est passé », a déclaré M. Nasrallah, dont le mouvement est de plus en plus engagé aux côté des troupes syriennes, au quotidien Al-Safir.

« Ils ne peuvent pas renverser le régime, mais ils peuvent mener une guerre d’usure », a-t-il ajouté à propos des combattants de l’opposition.

Selon lui, les partisans de la rébellion eux-mêmes ne croient plus en une défaite du régime.

« La situation régionale et internationale a changé. A mon avis, la pression sur le régime dans la phase à venir sera moindre que ces trois dernières années, qu’il s’agisse de pression politique, médiatique ou sur le terrain », a-t-il insisté.

Les rebelles ont subi ces dernières semaines une série de revers, en particulier le long de la frontière libanaise, et leurs avancées dans la région côtière de Lattaquié ont été « exagérées », selon M. Nasrallah.

Le chef du Hezbollah a une nouvelle fois défendu l’engagement de son parti libanais dans le conflit syrien, qui a pourtant attisé les tensions au Liban.

« Il y a un sentiment répandu au sein de la population qui soutient l’intervention du Hezbollah en Syrie », a-t-il assuré.

« Beaucoup de Libanais, même au sein (de l’opposition), croient et acceptent que l’intervention en Syrie protège le Liban des groupes terroristes, dont nous voyons chaque jour le comportement et les actions », a-t-il insisté, affirmant avoir reçu « en privé » le soutien de nombreuses instances politiques et religieuses.

L’engagement du Hezbollah en Syrie a coûté cher au mouvement et à ses partisans, visés depuis l’année dernière par une série d’attentats meurtriers.

Mais selon Nasrallah, la récente victoire des forces du régime, appuyées par le Hezbollah, dans la région frontalière de Qalamoun a permis de « fermer les usines à voitures piégées » et de faire « limiter fortement » les risques d’attentat.